Les Nuits Botanique: Retour sur la Nuit Belge

Grosse affluence ce mercredi soir pour la traditionnelle Nuit Belge des Nuits Botanique. L'horaire serré des prestations proposées dans les différentes salles a contraint le public à faire des choix. Et choisir, c'est aussi renoncer. Voici ce que nous en avons retenu.

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La promesse: Paon.

Né de la rencontre entre Ben Baillieux-Beynon (The Tellers) et Aurelio Mattern (Lucy Lucy) qui ont ramené deux autres potes musiciens,  Paon est le groupe hype du moment sur la scène francophone.

Enchaînant pop destructurée (leur premier single Shine Over), instrumental noisy (qu'ils baptisent fort justement Instrumental) et esquisses prometteuses, Paon  a laissé une très bonne impression et donné l'envie d'en savoir plus.

Ben, qui adopte désormais le look de l'ermite des Appalaches (longue barbe, jeans usé et mine fatiguée), et Aurelio rappellent en tout cas leurs qualités de compositeurs déjà exaltées  dans leurs projets antérieurs. L'album est attendu chez PiaS, qui a toujours le flair pour ce genre de projet.

La confirmation: Vismets.

Les Bruxellois jouaient dans leur jardin et ont raflé la mise avec un concert audacieux puisque essentiellement constitué de morceaux de leur nouvel album à paraître l'automne prochain.

Ambitieux, débrouillard, conquérant et téméraire, le groupe y va crânement et a raison d'y croire.  Le single Dreamers,  qui sort fin mai avec un clip, dévoile ainsi dès sa première écoute un charme pop irrésistible et léger auquel Vismets ne nous avaient pas encore habitués. 

Et, toujours sur base d'une première impression,  le deuxième album, qui sera mixé cet été dans les studios anglais de Damon Albarn (oui, ça va encore faire des jaloux) s'annonce plus onirique, moins rentre dedans mais certainement tout aussi barré que  "Gürü Voodoo".

Entre envolées prog rock, effluves psyché, guitares heavy, claviers crépusculaires et reprise bluffante (Not To Touch The Earth tirée de "Waiting For The Sun" de The Doors),  les ketjes assument parfaitement leurs influences seventies. On l'a encore vu ce jeudi, Vismets peut  aussi compter sur des fans addicts qui ont pu laisser éclater tout leur enthousiasme sur Dilemma ou le nerveux Wasted Party lâché en rappel.

La revanche: Soldout.

Un horaire  trop tardif, un public pas spécialement venu pour eux et une pénurie passagère d'énergie. On avoue que nous avions été assez  déçus de la prestation de Soldout à la dernière Nuit du Soir en septembre dernier.

Mais le duo bruxellois a remis les pendules à l'heure ce jeudi avec une prestation cinq étoiles sous un Chapiteau plein à craquer. Avec l'excellent "More" paru en février, Charlotte et David ont dévoilé une facette plus mélancolique de leur personnalité.  Il restait à transposer ces chansons aux atmosphères plus apaisées sur scène,  espace où Soldout s'est surtout fait une réputation de secoueurs du dancefloor.

Mission accomplie grâce à un son royal, une setlist subtilement construite sur le mode rollercoaster et très peu de temps mort entre les morceaux pour éviter que la magie retombe. On ne le soulignera jamais assez, Charlotte est dotée d'une vraie personnalité scénique et maîtrise parfaitement la science de l'équilibre entre ondulations gracieuse et gestuelle plus énervée. A forts relents pop,  Off Glory et 94 montrent aussi qu'elle a encore gagné en assurance sur le chant. David, quant à lui, est à fond dans son trip.

Il prend un malin plaisir à retravailler ses mixes avec ses machines savantes, notamment sur l'envoûtant Right You, une version époustouflante de A drop Of Water  (l'un des sommets du concert selon nous) ou une relecture 2.1 d'I Dont' Want To Have Sex.   De bonne source, on nous chuchote aussi que Dan Lacksman (Telex), auteur d'un beau retour en solo, travaille sur un remixe de leur prochain single. Cool, ça!

On n'y était pas

Mais nous en avons entendu que du bien: BRNS (mais ça on le savait déjà) et The Feather, projet parallèle du chanteur de Dan San sur lequel on sera attentif.

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