Les Nuits Bota: La pop débridée de Django Django

Programmé ce dimanche dans la magnifique -mais minuscule- Rotonde, le concert de Django Django affichait complet depuis belle lurette.

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 La raison est simple, cette jeune formation originaire d'Edimbourg -mais relocalisée à Londres- a sorti l'un des disques les plus jubilatoires de l'année.

Improbale, do it yourself, débridée mais toujours mélodique, la pop de Django Django ne connaît pas de barrière. Sur scène,  ce cocktail remuant fonctionne à merveille.  Le groupe enchaîne ses chansons comme on déroule une mix-tape. 

Des titres acoustiques laissent place à un instrumental électro, un solo de noix de coco succède à une démonstration de surf guitar ou à une improvisation à trois de nappes de claviers délicieusement électro.

C'est fun, maîtrisé et exécuté de manière simple et finalement très stylée.  Hail Bop, Zumm Zumm, Storm, Wor (avec une sirène de police samplée comme chez Public Enemy), les tubes tirés de "Django Django" sont aussi imparables en live que sur disque.   La Rotonde, qui  a accueilli les premiers concerts belges des Arctic Monkeys, Muse et Franz Ferdinand (pour n'en citer qu'une poignée), a une nouvelle fois été le théâtre de l'éclosion d'un grand talent.  Cool, on pourra dire "on y était"…

Quelques minutes avant d'investir la scène de la Rotonde, Vincent Neff et Jimmy Dixon, respectivement chanteur et bassiste de Django Django, ont répondu à nos questions.

Storm, votre premier single, est sorti voici trois ans. Quelles étaient alors vos ambitions?
Vincent Neff. –  Cela faisait deux mois seulement que David m'avait proposé de monter ce groupe. Nous n'avions aucune attente, nos premières démarches auprès des firmes de disques s'étant révélées infructueuses. Nous étions assez contents de ce morceau qui introduisait des boucles électro tout en restant pop dans sa construction. On s'est dit que cela allait nous permettre de trouver quelques engagements pour des concerts. On a posté Storm sur MySpace et il y a eu de bonnes réactions. A cette époque, nous n'avions joué que deux fois ou trois fois en live. Et le déclic s'est fait.

L'album a été enregistré dans la chambre à coucher de David. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience?
Jimmy Dixon. – Nous sommes tous devenus claustrophobes! La pièce était tellement minuscule qu'il nous était impossible de rester ensemble. On a tous enregistré nos parties séparément avec David qui se tenait dans un coin pour enregistrer. Mais c'était aussi très stimulant car nous étions là, à côté, à entendre les autres avancer sur un morceau sur lequel nous avions aussi participé. Nous savons tous qu'on ne fera plus jamais un album de la sorte, mais quand on entend le résultat, on se dit qu'il fallait être complètement naïf pour y croire. Sans ça, nous n'y serions jamais parvenu. 

En Angleterre, le disque a été gratifié de cinq étoiles dans Q, Mojo et The Guardian. Comment avez-vous réagi?
V.N. – Pour ne pas trop se la péter, nous avons balancé des vannes, du style "merde, on ne pourra jamais faire mieux, à moins qu'ils rajoutent une sixième étoile dans leur système de cotation."  La plupart des reviews de notre album soulignent  le côté imprévisible de notre pop et nous sommes en très fiers.  Tout en étant fans de pop traditionnelle, comme les Beatles ou les Beach Boys, on aime tout chambouler. Pas pour le plaisir, mais parce que ça sonne bien et que nous provenons d'une culture de  mixtapes où les morceaux issus de différents styles musicaux s'enchaînent dans un joyeux bordel.  On a des chansons avec un seul couplet, d'autres sur lesquelles nous utilisons des rythmiques africaines, une sirène de pompier  ou des noix de coco comme percussions.

Quelles sont les réactions les plus fun que vous avez entendues au sujet du nom de votre groupe, Django Django.
J.D. –  On ne va pas dire que nous n'avons pas un peu réfléchi en choisissant ce nom, mais nous ne nous attendions pas à ce qu'il suscite autant d'analyse. En Europe, on n'échappe pas aux questions sur Django Reinhardt, alors qu'il n'y a pas le moindre rapport.  Nous ne voulions pas de nom avec "The" car cela sonnait trop traditionnel. Tommy Grace est venu avec cette idée car il adore Quango Quango, ce groupe de  Manchester signé sur le label Factory dans les années 80.  Il y a certaines similitudes entre leur tube Love Tempo et la rythmique de notre chanson Zumm Zumm. Mais ce n'est pas vraiment un hommage. Je crois que l'idée de base, c'était d'avoir un nom improbable. On ne voit pas nos visages sur la pochette, il y a des titres de chansons complètement bizarres comme Zumm Zumm ou Wor.  Tout ça donne un peu de mystère à notre projet et c'est exactement ce que nous souhaitions susciter.

Quels disques font l'unanimité au sein de Django Django?
V.N. – Nos goûts sont complètements éclatés, mais il y a des albums qui tournent plus que d'autres dans notre loge: des  disques de surf guitar des années soixante, "Screamadelica" de Primal Scream,  des productions de Giorgio Moroder, du disco instrumental des seventies,  des soundtracks de John Carpenter.

Photos: Bart Vander Sanden indiestyle.be

Django Django revient au Pukkelpop le jeudi 16 août.

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