Les Nuits Bota : Ed Banger fête ses 10 ans jusqu’au bout de la Nuit

Emmené par sa locomotive Justice, le label français a fait trembler les serres du Botanique.

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Fondé par Pedro Winter en 2003, le label Ed Banger a donné un solide coup de fraîcheur à la scène électro, remis de l'audace sous la boule à facettes,  cassé radicalement les codes du genre et, accessoirement  remis au goût du jour la casquette à visière large et la croix de Jésus. 

 

Comme Factory ou Mo'Wax avant elle, la famille Ed Banger est sélective dans ses références (76 albums et/ou maxis sortis en dix ans), inventive dans son artwork et défricheuse dans son approche. Elle peut compter sur un public fidèle qui se recrute autant sur le dancefloor que dans la communauté hip-hop ou la tribu des geeks zarbis.

 

C'est face à ce beau mélange de gens et de genres que la troupe a fêté son dixième anniversaire en deux  étapes ce vendredi à Bruxelles:  Pedro et sa bande (DSL, Breakbot et Justice) ont tout d'abord investi le Chapiteau des Nuits de 19h30 à 1h du mat' avant de poursuivre la fête au Fuse.

En choisissant le Bota alors qu'il pouvait aisément remplir de plus grandes jauches et en décidant de revoir le cachet artistique à la baisse, Pedro a rappelé qu'il ne courait  pas derrière le fric,  et qu'il se souvenait aussi que c'est ce même Chapiteau qui avait accueilli Justice avant même la sortie de son premier album. Et ça, c'est cool.

 

Locomotive du label et attendu comme le messie, le duo parisien n'a pas failli à sa réputation. Justice a offert un dj set d'une redoutable efficacité et pourtant totalement improbable dans sa construction. La règle de Gaspard et de Xavier? C'est justement n'en avoir aucune. Electro, house, hip-hop, old-school, électrot/funk…

 

Les tracks s'enchaînent sans la moindre suite logique, les beats se fracassent dans nos cerveaux et les séquences sont plus déroutantes les unes que les autres. Alors oui, les puristes peuvent bien faire des remarques sur leur technique (il y a même eu des blancs entre les mixes) et voir dans leur fausse nonchalance les singne d'une frime parisienne.

 

Pour les avoir rencontrés à plusieurs reprises, on peut vous jurer qu'il n'y a pourtant pas plus gentils et simples plus qu'eux. Et pour nous, la réussite d'un dj set  se mesure aussi sur les visages du public, sur ces centaines de sourires incandescents et ces cris spontanés de plaisir qui fusent lorsque jaillissent des enceintes des notes familières ou un crescendo  étourdissant.

 

Pour rappel, Justice vient de publier son album live "Access All Arenas". On en reparle avec eux dans notre édition "print" du 22 mai.

 

Préférant se plonger dans la country onirique du Bertrand Belin qui présentait le magnifique "Parcs" dans une Rotonde archi-blindée et découvrir La Femme (une grosse déception), on a raté DSL et Breakbot. 

 

Par contre, sous son alias Busy P, Pedro Winter nous a bien fait  plaisir avec son set rétrospectif. Prévue en juin, la compile "Ed Rock Vol 10" abrite des titres de Justice, Busy B, Mr Flash (1er référence du label), DSL, Cassius, Mr Oizo, Sebastian ou encore  Feadz. On en reparle aussi très prochainement.

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