Les marches du pouvoir

George Clooney continue d'explorer les dessous de la politique américaine. Dans un film en demi-teinte.

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Certains films sont très attendus. Peut-être trop, en fait… Signé par un jeune réalisateur, The Ides of March aurait sans doute fait crier au génie en gestation. Mais on ne commet pas impunément un film politique parfait, de la trempe de l’implacable Good Night and Good Luck (sur le maccarthysme aux Etats-Unis dans les années 50), sans susciter de solides espérances. Surtout quand on s’appelle George Clooney et que l’on avoue l'ambition de s’inscrire dans la tradition des grandes bobines politiques américaines, Les hommes du président (1976, avec Dustin Hoffman et Robert Redford) en tête. Cette fois, Mister George a visiblement confondu l’intérêt indéniable du sujet proprement dit avec un gage de souffle cinématographique. Dont l’intensité se perd en cours de route.

En fait, ce long métrage se partage en deux parties constituant presque deux films différents. Si la seconde est un peu moins réussie, la première s’avère, par contre, passionnante. Casting impressionnant à l’appui, on explore de l’intérieur les implacables rouages des campagnes présidentielles américaines. À travers le prisme d’un responsable de la communication de campagne, ambitieux, sûr de lui et intimement persuadé que son candidat (Clooney en démocrate, le parti qu’il soutient aussi dans la vraie vie) fera le meilleur président des Etats-Unis.

Dommage qu’ensuite le récit bifurque vers une intrigue sentimentale plus légère, nettement moins crédible. Lorsque le jeune loup découvre que son mentor n’est pas aussi intègre que ses discours bien rodés et son sourire plein de dents le feraient penser. Et que ce dernier cède aussi facilement aux pulsions de son entrejambe qu’à celles du pouvoir. Le tout se termine sur un message étonnant dans le chef de Clooney, que l’on pensait plus nuancé. Car il se contente de nous assener du "tous pourris" presque digne de discussions de Café du commerce. Bref, The Ides of March suscite un vrai regret: au prix d’un peu plus de rigueur, cette simple et solide série noire aurait pu se transformer en grand film.

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Les marches du pouvoir
Réalisé par George Clooney (2011). Avec George Clooney, Ryan Gosling, Philip Seymour-Hoffman – 95’.

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