Les Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights)

Les sœurs Brontë inspirent le cinéma américain indépendant. Après le Jane Eyre impressionniste de Cary Fukunaga, la réalisatrice de Fish Tank s'attaque aux Hauts de Hurlevent d'Emily Brontë (la cadette des sœurs) et taille littéralement en pièces ce chef-d'œuvre romantique britannique.

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Balayé, le récit aiguisé de la passion fatale d’Heathcliff pour Catherine. Au diable les dialogues extatiques sur la fusion amoureuse. Place à la barbarie, à la fois mutique et doloriste, d’un amour impossible.

Sans vergogne, Andrea Arnold sacrifie le lyrisme romantique et sombre de l’œuvre à un traitement dépouillé et rude, trop raide pour nous toucher. En refusant la sublimation, elle érige des personnages bons pour la pathologie clinique et s’y complaît de manière presque masochiste.

S’il tente d’imposer une vraie revisitation du bouquin, le film peine surtout à trouver un équivalent visuel aux sentiments mis à nu.

Reste la lande anglaise érodée par le vent. C’est trop peu pour soulever l’émotion. Pour moins d’aridité, revoir la version noir et blanc de 1939 avec Laurence Olivier et Merle Oberon. Sublime, elle.

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Wuthering Heights
Réalisé par Andrea Arnold (2011). Avec James Howson, Kaya Scodelario, Solomon Glave et Shannon Beer – 129′.

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