Les Géants

Après Ultranova et Eldorado, Bouli Lanners revient avec Les géants. À voir absolument!

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On parle beaucoup des Géants de Bouli Lanners. Et c'est tant mieux car c'est un très beau film. Mais aussi parce qu'à l'instar des Barons de Nabil ben Yadir il y a deux ans, notre cinéma belge a besoin d'un vrai succès populaire. Car si tout le monde s'accorde à dire que le cinéma belge a d'immenses qualités, il faut avouer que le public continue de le bouder, préférant les blockbusters américains et les comédies qui tachent à la française. C'est une erreur. Car ce 7e art dont nous sommes si fiers ne pourra survivre que s'il rencontre bien plus massivement le public.

Tout cela tombe très bien. Car cette semaine, nous avons l'opportunité d'offrir un succès aux Géants, le troisième film de Bouli Lanners. Pas parce que Bouli est "un mec sympa". Mais parce que Les géants a toutes les qualités d'un film d'auteur capable de séduire le grand public. C'est un film qui n'a rien à envier au cinéma américain ou aux grosses productions à la française. La photo est aussi belle (en fait, elle l'est bien plus), les personnages aussi travaillés, le rire et l'émotion aussi présents. Pour faire simple, Les géants est un film dont on sort avec un merveilleux sentiment de bien-être. Un "feel good movie" comme ils disent là-bas.

L'histoire est celle de trois adolescents paumés à qui la vie impose trop vite de devenir grands. Ce ne sont pas des racailles mais juste des gamins livrés à eux-mêmes. Qui vont chercher à se reconstruire un semblant de famille, loin des liens du sang. Comment? En utilisant les armes de leur âge: la joie de vivre, la fougue, la dérision, la débrouillardise.

Et surtout ce sentiment que rien n'est impossible ou insurmontable. Même pas le fait d'être abandonné par sa maman. Ils nous ont fait rire, ils nous ont divertis, ils nous ont émerveillés (les trois ados qui interprètent les rôles principaux portent littéralement le film et sont d'un naturel désarmant). Et si nous prenons position (on pourrait aussi chipoter sur quelques longueurs ou quelques scènes moins concluantes), c'est parce que nous pensons que ce film mérite un succès. Car c'est bien beau de rapporter des récompenses cannoises.

Mais désormais, notre cinéma a besoin d'un vrai public. Assidu, concerné, motivé par le fait de "consommer" du cinéma belge. Comme le fait systématiquement le public flamand, permettant à ses films non seulement d'exister mais de rivaliser avec les productions internationales. Il ne reste donc plus qu'une chose à faire: filer au cinéma et prendre plaisir à rencontrer ces Géants.

Les géants
Réalisé par Bouli Lanners (2010). Avec Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen, Paul Bartel, Marthe Keller, Didier Toupy – 85'.

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