Les Francofolies de Spa (Jour 3): Des filles et encore des filles

Lou Doillon au naturel, Noa Moon lunaire, Marie-Pierre Arthur la rockeuse et Serge Lama qui chante Femme Femme Femme...

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Après la prestation euphorique  de Puggy, jeudi, qui restera sans doute l'un des moments les plus marquants  de cette édition anniversaire, c'est Cali qui a fédéré en cette troisième journée de festival.  Après la formule piano/voix qu'il avait présentée l'année dernière, le chanteur de Perpignan est venu avec son groupe et un répertoire "best of" émaillé comme d'habitude d'un envahissement de scène  des photographes de presse, de bains de foule et de séquences "émotion" en dansant avec des dames. Une prestation généreuse mais aussi un sentiment de déjà vu/entendu.

 

Si les dames ont fait la fête à Cali, elles étaient aussi à l'honneur sur les différentes scènes des Francos.  Voici deux ans, nous découvrions la jeune Noa Moon lors d'un concert privé lors d'un barbecue organisé dans  un jardin situé sur les hauteurs de Spa. Ce vendredi, elle jouait sur la grande scène du Parc de 7 Heures et c'était rempli. Souriante, élégante dans sa gestuelle et toujours l'œil pétillant, Manon  a mis tout de suite le public dans sa poche.  Son premier album sort en septembre sur le label Atmosphériques du Belge Marc Thonon et ça s'annonce vraiment bien.   Traversées d'accord de guitare folk, de refrains pop et, ça et là, de rythmique reggae, les chansons de Noa Moon voyagent beaucoup et donnent forcément la bougeotte.   L'entraînant Paradise, titre qui a mis le feu aux poudres en 2011,  a été reformaté pour rentrer dans les quotas des radios françaises. C'est avec le jeune Malo -présent à ses côtés à Spa- qu'elle interprète désormais cette chanson en français et en anglais. Et on se dit qu'elle  pourrait bien rééditer le même "coup" que celui réalisé par Saule et Charlie Winston avec Dusty Men. Elle a aussi très bon goût comme on a pu s'en rendre compte à la nuit tombée lorsqu'elle s'est lancée au Casino de Spa dans un dj set très sautillant lancé par l'intemporel   Heart Of Glass de Blondie. Nous, on l'aime beaucoup Noa Moon.

 

Dans les pages de Moustique,  nous avions déjà dit tout le bien que nous pensions de la Québécoise Marie-Pierre Arthur et de son deuxième album "Aux Alentours". Sur scène, c'est encore mieux. Auteur-compositrice et bassiste au jeu délicieusement groovy, Marie-Pierre fait preuve d'une belle énergie. Elle multiplie les changements de tempo, évoluant avec beaucoup d'aplomb entre mélodies boisées, power-folk débridé et rock chanté avec l'accent de là-bas.  Aguerrie à la scène, elle a su captiver et "tenir" son public de bout en bout. Une belle claque…

 

Après le brillant  "Places" et des prestations enflammées à l'Orangerie et aux Nuits,  même les derniers sceptiques ont compris que Lou Doillon ne considère pas la musique comme une récréation entre un shooting glamour et une comédie  sentimentale. Non, c'est une  vocation et surtout une belle histoire d'amour. Comme aux Ardentes voici quelques jours, Lou a séduit par son naturel, ses interprétations qui donnent le frisson et ses tonalités très rock, quelque part entre Cat Power et la Nico de l'album à la banane du Velvet.  On en veut encore à nos "voisins" de concert d'avoir gâché par  leurs bavardages intempestifs notre plaisir d'écoute sur Devil Or Angel ou du country Make a sound.

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