Les Francofolies de Spa (Jour 2)

Puggy fédère au village Francofou, Tal reprend Daft Punk, Benjamin Biolay assure et il n'y a pas grand monde sur la scène Rapsat.

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La scène se déroule ce jeudi 18 juillet vers 21h. Trois beaux mecs, dont deux qui portent un étui à guitare,  marchent dans les rues de Spa au milieu de la foule. Pas de manager, pas de garde du corps, pas de périmètre de sécurité. Dans quelques minutes, ils vont jouer devant 9.000 personnes sur la scène Proximus. Mais en attendant, ils répondent aux sourires, prennent encore le temps de poser pour une photo ou de signer des autographes. Oui, ce sont les gars de Puggy,  le groupe belge le plus populaire du moment, mais aussi le plus humain et le plus accessible.

 

Une véritable leçon de savoir-vivre et une attitude qu'on aimerait retrouver plus souvent chez d'autres pseudo stars belges. Et le concert livré à Spa est  à leur image: sympa, festif et ouvert. Puggy joue dans une ambiance de feu, enchaînant refrains pop, moments de grande musicalité et aussi de belles interventions parlées.  Le trio a d'ores et déjà marqué cette 20e édition et le seul bémol vient encore une fois de l'inconfort de cette scène dont la disposition ne permet pas à tous les spectateurs (surtout les plus petits) de profiter pleinement du spectacle.

 

A l'applaudimètre de cette deuxième journée, Tal pointe juste après Puggy. la belle chanteuse israélo-française a pu mesurer les retombées du succès radio d'Envole Moi, sa reprise de JJ Goldman chanté en duo avec M Pokora.

 

Tout ce que la région spadoise compte comme adolescentes s'est donné rendez-vous pour ce concert. Celle qu'on surnomme la Rihanna française a le mérite de venir avec un vrai groupe de musiciens et de tout donner. Pour la musique, OK, ce n'est pas très futé, soit du R& B urbain truffé de positive attitude et de messages adressés à la nouvelle génération  du genre "Prends-toi en main, c'est ton destin".  Mais quand elle chante Le droit de rêver ou Le sens de la vie, ses paroles font mouche.   Le moment cool? Lorsque Tal  passe à la batterie et attaque le beat de Get Lucky de Daft Punk.

 

Servi par un son très rock, Benjamin Biolay a livré la prestation qu'on attendait de lui. La voix de BB passe de mieux en mieux en live, les chansons de Vengeance mais aussi de "La Superbe" et de "Trash yéyé" sont livrées dans des tonalités très rock et avec ses longues douilles et sa veste Denim Jeans aux manches déchirées, il ressemble  presque à un roadie de Status Quo. Hé, mesdames, on rigole, hein! Benjamin Biolay était visiblement très heureux d'être là et a presqu'à lui tout seul relevé d'un cran le niveau qualitatif du plateau.

Encore à peine remis de ce répertoire majestueux, on se laisse charmer par le dandy Daan.  Par son charisme, les nuances sonores qui réveillant parfois le fantôme de Bashung, il parvient à surévaluer un "Franc Belge" qui ne nous avait pas entièrement convaincu sur scène. Lui aussi, n'a dit que du bien de ce public qui lui a fait la fête. Un habitué des Francos qui ne se répète jamais et touche les âmes. Grand moment.

 

Plus tôt dans l'après-midi, on jette une oreille à la prestation d'Alpha 2.1. Drôle de concert… Ça commence bien avec le chanteur qui balance dans le public un exemplaire du deuxième album du groupe ("Eternity"), un T-shirt et des autocollants.  Le trio bruxellois utilise des claviers vintage et de vieux micros mais propose une électro-pop plus ou moins dans l'air du temps. Mais tout ça manque cruellement d'âme et de pêche Hormis sur  une cover de tube des années Flashdance , She's a maniac, ça n'a jamais décollé. Le groupe ne devrait pas oublier qu'il joue pour le public et pas seulement pour lui.

 

Sur la scène Pierre Rapsat de la place de l'hôtel de ville, ce n'était pas la folle ambiance avant l'arrivée de Martin Solveig à 23h30. Visiblement, le pari d'éclater l'affiche n'a pas fonctionné.  C'est surtout dommage pour Ozark Henry dont la prestation toujours bluffante de maîtrise vocale et mélodique méritait meilleur accueil. A force d'écrire chaque année que les organisateurs doivent repenser complètement cette scène, ils finiront pas écouter un jour.

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