Les Francofolies 2013 Jour 1: Un démarrage en fanfare

Avec un Orelsan en fédérateur et des Belges en grande forme, le village Francofous a rarement connu un coup d'envoi aussi festif. Récit d'une premier journée hot, hot, hot....

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Il est 14h00 en cette première journée des Francofolies et le village Francofous est déjà copieusement garni. Des jeunes, des plus jeunes encore et beaucoup de familles…  Avec le soleil dans les yeux et pas le moindre trac dans les guibolles, Oli F -Olivier Fivet de son vrai nom- inaugure la grande scène.

 

 L'auteur-compositeur namurois se la joue décontracté, un peu comme sa musique. Il chante en français, possède un timbre vocal proche de Rapsat -dont il reprend par ailleurs les chansons dans un cover band- , mais ses accords de guitare trouvent plutôt leur inspiration dans le classic rock anglo-saxon des années 80.  Le gaillard a pour lui une belle gueule, une décontraction et un positivisme à toute épreuve même quand il dénonce les dérives des banquiers (dans Banqueroute). Mais dans le ton comme dans le fond, tout ça reste gentil, trop gentil. Allez, on va voir ailleurs….

 

A quelques centaines de mètres de la Proximus Stage, les infrabasses secouent déjà la scène Red Bull Elektropedia Stage.  Oui, ici, toutes les scènes portent le nom d'un sponsor. Doctor No!ze pourra se souvenir dans ses mémoires qu'il a été le premier à faire danser la foule à l'occasion de cette vingtième édition des Francofolies. Des ados, casquette vissée à l'envers ou portant le chapeau bleu ciel style "Panama" distribué par un généreux sponsor s'éclatent et lâchent toutes leurs positive vibrations. Ici, aussi, c'est gentil, mais c'est diablement efficace. On jumpe, on  fait "yo oh", on boit de  la  Gueuze cerise ou du Red Bull (eh oui) et on sent un léger -mais alors un tout léger- parfum d'herbe illicite dans l'atmosphère. 

 

Dj, producteur, homme de radio et encyclopédie vivante du hip-hop old-school, Sonar maintient comme un don cette ambiance de surboum d'après examens. Ses mixes sont précis, rapides, secs et font monter la pression. Sonar dédie un track "à toutes les filles de l'assemblée parce que, contrairement aux idées reçues, le hip-hop c'est pas macho". Bien vu. On sent qu'on va beaucoup aimer cette Red Bull Elektropedia Stage.

 

Il a beau prétendre faire le "Zinzin" sur son nouvel et excellent album, Jeronimo n'en est pas moins ému lorsqu'il monte sur les planches.  Il doit presque retenir ses larmes quand  il déclare: "Je suis content d'être de retour et je suis content que vous soyez là".  C'est qu'il ne s'attendait pas à jouer devant autant de monde, Jérôme Mardaga. En 2010, il annonçait publiquement la mort de son groupe.  "La flamme s'était éteinte, l'enthousiasme avait disparu".  Comme thérapie, il a mis ses talents de guitariste et sa gentillesse au service des autres avant de retrouver l'inspiration.  Enregistré seul dans une église de Fize-le-Marsal, le village où il passé toute son enfance, "Zinzin" renoue avec la poésie décalée, les références belges (il chante Ostende et cite Frank Vandenbroucke) et les sons limpides de gratte.

 

Pour son retour aux Francos, Jeronimo prend le temps de présenter son nouvel album plutôt que d'enchaîner des extraits de son back-catalogue. Bravo pour l'audace, des chansons comme John Lennon s'est suicidé, Princesse au regard couleurs de Belgique, couleurs  ou Irons-nous voir Ostende  passent super bien et l'assistance écoute avec attention. On est content de le revoir et surtout de retrouver le Jeronimo qu'on aime: celui qui ne se pose pas de questions existentielles  et avance.

 

Les Bruxellois de BRNS ne se posent pas non plus de question. Si vous êtes lecteurs de Moustique, vous savez qu'on les apprécie depuis longtemps.  Et pour au moins deux bonnes raisons.

 

1)BRNS fait une musique rock qui ne ressemble à rien d'autre ou alors il faudrait citer au moins une dizaine de noms pour cerner leur univers.

 

2)Ces mecs, ils vont aux charbon. En 2012, avec pour tout bagage un EP, BRNS a donné pas moins de 80 concerts. En 2013, ce chiffre devrait dépasser ce chiffre. Et ça marche. Leur prestation  aux Francos  a été flamboyante, incisive, originale et, encore une fois, bien suivie par un public très jeune.  Signé sur le label français Naïve, BRNS sortira son premier album au printemps 2014 et ça va faire mal. Au moins, on vous aura prévenu.

 

Réputé pour son sens de la fête, le public spadois est aussi capable de se recueillir et de plonger dans un voyage  intérieur. C'est dans un silence quasi religieux et avec des étincelles dans les yeux que le public assis du Jardin des Francos a suivi la prestation à la beauté hypnotique de Mélanie De Biasio. Entre jazz, blues et soul, elle a, comme BRNS, le mérite de proposer une musique originale et de l'interpréter avec une gestuelle empreinte d'une grâce sensuelle. Nous, à Moustique on adore, mais vous le savez probablement déjà. Allez la voir en concert, c'est une expérience inoubliable.

 

Même si la mignonne Olivia Ruiz reste une attraction sur scène,  c'est Orelsan qui  est la star incontestable de cette première journée et même de cette vingtième édition.  Sa date spadoise est exclusive pour la Belgique et ça nous change des artistes qu'on voit chaque semaine en festival.  Benjamin Biolay, qui l'a invité sur son dernier album "Vengeance", dit d'Orelsan qu'il est un peu l'Eminem français.  Il y a un peu de ça, en effet. Connu à ses débuts pour une polémique maladroite, peu reconnu par ses pairs car ni issu de la banlieue ni du milieu underground, Orelsan a réussi à toucher le grand public par la force de ses chansons. Voilà un jeune qui parle aux jeunes,  qui dégage une énergie positive sur scène et e révèle un vrai gentleman dans les coulisses comme à pu s'en rendre compte la journaliste/chroniqueuse Delphine Isaye qui l'a interviewé à sa montée sur scène pour D6BELS Francofolies. Orelsan qui prépare son nouvel album, chante aussi sur le prochain CD de Stromae. Une belle revanche pour tous les censeurs qui l'avaient cloué au pilori voici quelques années sans même avoir entendu une note de sa musique.

 

Bon, que JOEYSTARR nous pardonne. Nous ne sommes pas restés longtemps à son concert, justement par ce n'était pas un concert mais juste une caricature.  Mais c'est nous qui ne devons rien comprendre car le public, lui, a fait la fête sur des secousses telluriques qui tiennent sur une clef USB. A plus…

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