Les dangers du sport

Faire du sport est bon pour notre santé. Est-ce aussi vrai pour nos enfants? Football, tennis, judo, gymnastique..., autant de sports dont la pratique peut s'avérer physiquement et psychologiquement nocive. Petit inventaire. Dossier complet dans Moustique du 29 février.

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Le genou arraché du footballeur

La maladie d'Osgood-Schlatter désigne l'arrachement d'un petit bout de cartilage tibial à la base du genou, précisément là où s'insère le puissant muscle quadriceps. Elle touche beaucoup de jeunes footballeurs puisque le geste de shooter dans le ballon implique de contracter violemment les muscles de la cuisse. Le problème se pose aussi dans des sports comme le basket ou le volley, du fait de la répétition des sauts. Le diagnostic n'est pas très difficile à établir. La plupart du temps, une simple pression à la base du genou suffit à réveiller la douleur. L'enfant doit alors suspendre sa pratique sportive pendant quelques mois, le temps que se constitue un cal osseux.

Le dos fracturé du judoka

Très fréquent lui aussi, le spondylolisthésis résulte d'une déformation ou parfois d'une fracture d'une ou plusieurs vertèbres lombaires en cours de croissance. Elle menace tous les jeunes sportifs, notamment les judokas en raison des chutes répétées sur le tatami et les gymnastes qui soumettent leur rachis à des sollicitations parfois exagérées. Là encore, il faut arrêter le sport, faire de la gym rééducative, porter parfois un corset et espérer une consolidation de la vertèbre qui ne survient malheureusement que dans la moitié des cas. Plus on s'y prend tôt, plus les chances de guérir sont grandes. Moralité: un enfant sportif qui se plaint du dos doit toujours être écouté avec la plus grande attention.

Le dos arrondi du hockeyeur

La maladie de Scheuermann recrute ses victimes parmi les jeunes garçons entre 8 et 15 ans. En cours de croissance, leur dos s'arrondit de façon anormale et l'enfant se met à souffrir. L'origine de cette pathologie reste mystérieuse. Dans certains cas, il semble qu'elle soit favorisée par un excès d’activités sportives. On pointe alors les sports de combat (chutes répétées sur le sol) ou ceux qui imposent de se tenir longtemps dans des attitudes peu anatomiques (hockey). La solution? Changer de discipline!

La main froide du volleyeur

Le syndrome de la main froide, assez rare, est spécifique du volley-ball. Elle découle de la répétition des impacts de la balle sur la main et du délabrement progressif des artères sous-jacentes qui finit par entraver le passage du sang. Au début, on ressent simplement une forme d'engourdissement dans les doigts après la séance. Ensuite, il arrive un moment où la souffrance s'installe pour de bon. Là encore, la seule solution consiste à mettre le joueur au repos pendant plusieurs mois tout en veillant à réchauffer sa main à chaque fois qu'elle se refroidit, de façon à rétablir une bonne circulation.

L'"elbow" du tennisman

Au niveau amateur, les pathologies du coude représentent 90 % des traumatismes du tennis. Chez les adultes, c'est généralement le tendon qui renâcle. Chez les enfants, on diagnostiquera plus souvent des micro-fractures au niveau de la pastille osseuse d'insertion. Dans le langage courant, on englobe tout cela sous le nom de "tennis elbow". Que faire? Il existe une multitude de traitements en physiothérapie. Mais tous impliquent d'arrêter temporairement le tennis pour permettre la cicatrisation. Cela peut prendre des mois. Parfois des années!

Le retard de la gymnaste

En gymnastique féminine, les filles de petite taille sont avantagées dans l'exécution de nombreux mouvements. Pendant longtemps, on s'est demandé si cette petite taille caractéristique des gymnastes était la conséquence de leur pratique assidue du sport ou simplement un facteur de prédisposition à la performance. En clair, les jeunes filles étaient-elles plus petites parce qu'elles faisaient de la gymnastique ou faisaient-elles de la gymnastique parce que leur petite taille leur procurait un avantage? La réponse à cette question a finalement été fournie par l'histoire étonnante des sœurs jumelles Jessica et Janine Mortimer. La première a arrêté la gymnastique à 14 ans à la suite d'une blessure tandis que la seconde a poursuivi sa carrière jusqu'au plus haut niveau. Elle était notamment aux Jeux olympiques de Sydney en 2000. A l'adolescence, les deux sœurs accusaient une différence de 15 centimètres. Bref, il semble que le sport intensif soit bel et bien la raison de ce retard de croissance. Notez qu'à l'arrêt de sa carrière (19 ans), Janine Mortimer a rattrapé sa sœur et qu'elles font aujourd'hui la même taille.

L'épaule rompue du nageur

Lors des séances d'entraînement, les nageurs d'élite parcourent souvent des distances énormes (jusqu'à 12 kilomètres par jour). Toutes les épaules ne résistent pas à un tel traitement. Chez ces sportifs, une situation de conflit naît fréquemment au niveau de la coiffe des rotateurs, le groupe musculaire responsable de stabiliser l'articulation de l'épaule. Avec la répétition des grands mouvements de rotation (crawl, dos crawlé, papillon), la moindre imperfection biomécanique se paie cash. Le tendon souffre. Il s'effiloche. Parfois même, il se rompt. Pour éviter d'en arriver là, il faut travailler sa technique (respecter un minimum de "roulis") et évidemment arrêter en cas de douleur et ne pas imiter ces sportifs qui continuent la pratique à grand renfort de médicaments!

Les poulies du grimpeur

Les mains des grimpeurs sont d'une apparence souvent spectaculaire avec des articulations épaissies comme on le voit parfois chez les personnes atteintes d'arthrite sévère. Cette adaptation résulte évidemment des forces extrêmes qui s'appliquent sur les doigts. Parfois ceux-ci ne résistent pas. Les ligaments se déchirent. Les osselets se déboîtent. Ou alors ce sont les poulies qui lâchent dans un craquement caractéristique. Ces poulies sont des anneaux fibreux qui enserrent les tendons des muscles fléchisseurs de la main pour les maintenir le long des doigts. Toutes ces blessures contraignent au repos. Parfois même à la chirurgie. Mais prenez l'affaire au sérieux. Nos doigts sont des outils précieux!

Le pied du patineur

Le squelette de l'enfant est équipé de cartilages dits "de conjugaison" qui permettent la croissance de l'os. Lorsqu'on sollicite beaucoup ses pieds comme le font les patineurs, les coureurs à pied, les sauteurs (hauteur, longueur, perche) ou les danseuses, il arrive que ces zones de fragilité se dégradent et laissent apparaître une série de maladies qui portent souvent le nom de ceux qui les ont décrites: maladie de Freiberg pour une atteinte sur le deuxième doigt de pied, maladie de Kohler-Mouchet au niveau du cou-de-pied, maladie de Sever au niveau du talon, maladie de Renander au niveau du gros orteil, etc. A chaque fois, une douleur violente naît lorsqu'on pose le pied sur le sol. La solution? Repos sportif pendant plusieurs mois! La douleur disparaîtra avec la calcification définitive de l'os.

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