Les bêtes du Sud sauvage

Une vision de l’Amérique dévastée et solidaire, à travers le regard d’une gamine de sept ans. Un choc pas tous publics.

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Premier film et coup de maître. Caméra d’or au dernier festival de Cannes, prix du jury au festival de Sundance, Les bêtes du Sud sauvage raconte l’histoire d’une petite fille surnommée Hushpuppy (sorte de Kid chaplinesque et moderne), qui va devoir affronter la mort de son père dans le dénuement le plus total. C’est beau, c’est fort, et ça fait mal. 

Hushpuppy et son père vivent dans la région de La Nouvelle-Orléans dévastée par l’ouragan Katrina. Une sorte de no man’s land, qui a inspiré au réalisateur new-yorkais Benh Zeitlin une œuvre d’une créativité rare.

Qui ose mélanger les genres de manière inédite, et faire cohabiter enfance et violence. En effet, cette petite fille affronte la vie "comme un homme", parce que son père le lui a demandé. Les peurs et les angoisses de Hushpuppy occupent alors tout l’écran, au travers de scènes oniriques trash, qui font écho au réalisme magique de Max et les Maximonstres.

Travestis en aurochs préhistoriques, des cochons géants hantent le film en soufflant des naseaux, jusqu’à ce que la gamine ose se retourner, et les regarder en face. Belle leçon de courage, doublée d’un message universel.

Les spectaculaires visions de la banquise qui s’effondre nous rappellent alors qu’il serait bon de préserver la planète de toutes nos violences humaines. C’est pas gagné. Un grand film.

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Les bêtes du Sud sauvage
Réalisé par Benh Zeitlin. Avec Quvenzhané Wallis, Dwight Henry, Levy Easterly – 92’.

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