Les Ardentes : Le top 5 de la première journée

Le flow des rappeurs new-yorkais de Mobb Deep et une prestation apocalyptique de Shaka Ponk sous les coups de tonnerre ont sauvé une première journée plutôt avare de grands moments musicaux. Moustique vous livre son premier top 5 par ordre décroissant...

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#5 Naughty Boy

Le dj producteur anglais, auteur de la scie La La la,  rentre de justesse dans notre classement, non pas pour la pertinence de sa musique, mais pour avoir objectivement été le premier à fédérer le public  de cette neuvième édition du festival liégeois. Transpirant dans son training Adidas bleu ciel, Shahif Khan dirige la manœuvre derrière son laptop. Devant lui, un groupe live – c'est déjà çà-, une choriste au coffre aussi impressionnant que le déhanché et deux MC's se chargent de chauffer la très jeune assistance. On pensait que le gaillard n'a qu'un seul tube. Et pfff, on  a tout faux. Gardant précieusement son La La la pour la fin du set, Naughty Ket balance quelques tracks de son album "Hotel Cabana", rend hommage à Emeli Sandé dont il a produit le premier album "Our Version Of Events" et va surtout puiser dans le répertoire des autres pour faire tanguer la foule. Et avec le One Love de Bob Marleyou le Get Lucky de qui vous savez,  le gaillard  ne court aucun risque de se prendre un râteau. Le public s'amuse avec ce karaoké usant des grosse ficelles. Nous, vous l'aurez compris, un peu moins. Trop facile Naughty, trop facile…

 

©Kmeron

 

#4 Valerie June

Une semaine après son passage à Werchter, la chanteuse neo folk de Memphis se produisait aux Ardentes. Même pays, même formule trio en mode bluegrass/folk/hippie, mais pas vraiment la même ambiance. Face à une assistance clairsemée devant la scène du HF6 et mal servie par une balance sonore poussant un peu trop les curseurs vers les aigües, Valerie June s'est contentée du service minimum. Quelques beaux moments  (Workin' Woman Blues, The Hour, Wanne Be Your Mind), quelques private jokes avec son contrebassiste et toujours cette coupe rasta/melon impressionnante, mais on sent que l'artiste est arrivée au stade de sa tournée où elle met le pilote automatique. Pourtant, on adore toujours son album "Pushin' Against a Stone".

 

©Kmeron

 

#3 Wiz Khalifa

Le rappeur star du Dakota du Nord porterait-il la poisse? Voici trois jours, son concert a dû être annulé aux Arènes de Nîmes à cause des intempéries. Et la dernière fois que nous l'avons vu en Belgique, c'était sous le Dance Hall du Pukkelpop en 2011, juste avant qu'une tornade ne sème la mort et le chaos… Ce jeudi, aux Ardentes, Wiz a scruté plusieurs fois le ciel menaçant pendant sa prestation, mais a pu cette fois aller au bout de sa prestation. Fort de quelques solides tubes (Black And Yellow,  Work Hard Play Hard), l'artiste de 26 ans  attire désormais la toute grande foule et avec Shaka Ponk, est le grand vainqueur à l'applaudimètre de cette première journée. Présenté par notre Stéphane Pauwels national, il déboule sur scène le joint au bec et balance la purée de beats aidé par un groupe live qui abrite en son sein un bassiste au jeu particulièrement puissant.   Un peu à l'instar de son aîné Snoop Dogg -avec qui il a collaboré sur "The Good"-, Wiz alterne les chansons nonchalantes, les brûlots gangsta plus incisifs et s'offre aussi des incursions plus douteuses dans une R&B sirupeuse.   Inégal sur la longueur, son concert met toutefois en valeur un flow parfaitement maîtrisé, une belle connexion avec le public  et une attitude finalement très cool.

 

©Kmeron

 

#2 Mobb Deep

Enfin, une bonne claque! Et dire qu'il a fallu attendre 23h00…  Un concert de Mobb Deep, c'est tout ce qu'on aime dans le hip-hop.  Un rythme enivrant pendant toute la prestation, deux flows qui claquent comme des Uzi, un DJ qui sort de son Mac des sonorités lugubres et des beats oppressants… Les vétérans Havoc et Prodigy revisitent bien sûr à plusieurs reprises leur classique "The Infamous" (leur deuxième album paru en 1995) dans des joutes verbales particulièrement intensives. A coups de name-droppings et de noms de quartiers, ils  renouent avec leur passé dans les zones  mal famées de Queensbridge et ponctuent chaque morceau d'une rafale de mitraillette.  Imparable.

 

©Kmeron

 

#1 Shaka Ponk

La tête d'affiche incontestable de cette première journée et elle n'a pas déçu. On aime ou on n'aime pas leur musique, mais en live, Shaka Ponk impressionne toujours. Un visuel fort où la mascotte Goz croise des monstres virtuels et des créatures cosmiques, des musiciens qui se donnent à fond,  la féline Samaha toujours juste dans son chant et Frah qui ne cesse d'haranguer la foule pour lui transmettre toute l'énergie positive du groupe… Pas de doute, avec son mélange de glam, de ska, de funk et d'électro (encore mise plus en avant sur leur nouvel album "The White Pixel Ape"), Shaka Ponk est un peu La Mano Negra de la génération geek.  On connaît plus d'un artiste "alternatif" qui aurait jette l'éponge après une heure de concert quand les cieux ont craché des pluies torrentielles sur le parc Astrid. Mais Shaka Ponk est allé jusqu'au bout de la nuit, jusqu'au bout de sa folie pour remercier les derniers irréductibles qui restaient devant la scène sur un site fouetté par les précipitations et balayé de coups de tonnerre.  Respect total.  Pas étonnant que Shaka Ponk soit avec Stromae l'artiste le plus booké dans les festivals français cet été.

 

©Marc Sterkendries

 

> Retrouvez toutes nos reviews du festival Les Ardentes (et des autres) dans notre dossier spécial

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