Les Ardentes 2013: Disiz, Bête de bombe

Vendredi soir, le rappeur touche-à-tout a tenté de réveiller la fougue du public liégeois... Et y est plus ou moins parvenu.

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Habitué à faire danser les foules après 15 ans de carrière, un virage vers le rock sous le pseudo de Peterpunk, puis un retour aux sources et enfin une tournée à rallonge pour la sortie de son album "Extra-Lucide", dont il jouait l'avant-dernière date aux Ardentes, Disiz (ex-La peste) manie les proses punchy comme personne. Bonne gueule, textes percutants, clairement le MC d'Evry ne se prend pas la tête… Et brille toujours autant par son audace, son second degré et son sens du partage.

 

Entouré d'un band, soit deux musiciens, un DJ et un MC frétillant comme un ours sous ecsta, Sérigne M'Baye Gueye de son vrai nom, annoncé par un Stéphane Pauwels en pleine mue, prend le parti de rameuter la foule sous la structure du HF6 en courant à droite, à gauche, en haut, en bas. Flow délié, quelques performances techniques, le trentenaire prouve qu'il a toujours bien sa place sur scène (prends-en de la graine, JoeyStarr).

 

Pas de ménagement. Et à voir l'énergie qu'il déploie en entamant Le rap c'est mieux (Wesh!), extrait de l'album à venir "Transe-Lucide" qui clôturera la trilogie, difficile de ne pas suivre le mouvement. Mais ce n'est toujours pas suffisant pour Disiz, qui harangue la foule d'un "Demain je joue aux Francofolies de la Rochelle, à vous de voir si cette date sera meilleure. Du bruit!"

 

Ce n'est qu'avec Bête de bombe puis enfin le cultissime J'pète les plombs et son fameux Mac Morning que le rappeur au grand cœur obtient les faveurs des jeunes liégeois amassés devant lui. Pourtant, devenu chroniqueur urbain d'une vie entre deux eaux, le show-business et sa famille, c'est dans des morceaux plus calmes comme Auto-dance ou Luciole que le MC montre toute la force de son art.

 

Un art forgé de contrastes. «Si tu es sensible à la misère, tu dois l'être au bonheur» balance t-il dans Life is Good. Un petit tour dans la foule sur Moïse, les mains se lèvent, le touchent, l'étreignent. Le show est réussi, la mayonnaise a pris, une fois. Et pourtant, le visage de l'artiste reste imperturbable. Tout en contrastes.

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