Les amants passagers

Après une série de mélodrames (Volver, Etreintes brisées, La piel que habito), Pedro Almodóvar revient à ce qui a fait son succès dans les années 80: la comédie.

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Le film s’ouvre avec deux grandes stars de son cinéma, Penélope Cruz et Antonio Banderas, grimés en mécanos sur le tarmac d’une piste de décollage. Apparition-clin d’œil pour un film choral et léger, tourné presque en huis clos dans un cockpit d’avion.

Et mené tambour battant par un équipage trash. Trois stewarts homos et deux pilotes bisexuels, qui ont décidé d’endormir les passagers de la classe éco et de droguer ceux de la classe affaires avec un cocktail champagne-vodka-jus d’orange-mescaline pour échapper au stress d’un atterrissage forcé. Le but? Provoquer une espèce de catharsis géante, censée libérer l’angoisse de la mort par la montée de la libido.

Le résultat? Un Almodóvar mineur mais savoureux, qui soulève déjà en Espagne les critiques de la presse, qui reproche au maître de penser plus avec son fessier qu’avec son cerveau…

Et si Almodóvar s’éclate comme d’habitude avec la sexualité débridée de ses personnages (une dominatrice hard fait face ici à une femme de 40 ans encore vierge, persuadée qu’elle va perdre son pucelage en vol), il n’en reste pas moins un excellent conteur et observateur des mœurs de ses compatriotes.

Il reste, à ce titre, l’un des seuls réalisateurs à aborder sans fard ses obsessions (le sexe, la drogue, le goût du secret, le travestissement) et à célébrer la libido comme un credo de vie. Alors, même mineur, on prend.

Les amants passagers
Réalisé par Pedro Almodóvar. Avec Cecilia Roth, Javier Camara, Carlos Areses, Raul Arevalo, Lola Dueñas – 90’.

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