Les adieux des Stones à la Belgique

Les papys du rock ont sans doute tiré leur révérence ce samedi à Werchter. La légende a vieilli mais elle est toujours vivante.  Impression, moments forts, setlist....On vous résume tout ça.

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Impression

 

"Proficiat de Rode Duivels!". Mick Jagger trouve toujours la petite phrase -en nederlands ou en français- pour faire plaisir à son public. Ce samedi, dans la plaine humide de Werchter, les Rolling Stones ont sans doute livré leur toute dernière prestation live en Belgique.  On sait que Keith Richards a encore envie de poursuivre le cirque rock and roll pendant encore au moins un siècle, mais là, ça commence tout doucement à sentir le sapin. Mais quelle force, quelle énergie et quelle qualité de jeu! A 74 ans, Charlie Watts reste un batteur impeccable dans son jeu de métronome, à la fois sobre et conquérant. Keith avec son look de crocodile rasta et ses grandes oreilles ne bouge pratiquement plus mais sait encore se sublimer. Son passe-temps favori reste le cabotinage avec son pote Ron Wood, particulièrement élégant avec ses baskets à semelles compensées assorties à sa veste en cuir rouge. Et Mick? Il soufflera ses 71 bougies ce 26 juillet et garde la silhouette d'un prof d'aérobic pour Californiennes divorcées. Il chante, court, dandine, harangue le public, grimace et est particulièrement d'humeur badine.

 

Pour cette tournée, les papys ont eu la bonne idée de mettre la musique, et rien que la musique, au centre des débats. Fini les tours géantes, les poupées gonflables et les scènes superposées. Place à la sobriété. Le spectacle est à la fois sur scène et sur les écrans XXL qui capturent la moindre mimique des musiciens. Tout au long d'un show best of de deux heures, le groupe  ne s'économise pas, a toujours le feu et fait régulièrement jaillir les étincelles. Et si les Stones restent une grosse machine, il n'y a plus d'esbroufe.  On voit les rides, les veines tendues et les traits usés par les excès de la "sex, drugs & rock and roll life".  Ils ont besoin de -longtemps- souffler entre les morceaux. Et il leur faut un bon quart d'heure en pilotage automatique pour se libérer enfin. Nous sommes En 2014, les Stones sont la légende du rock and roll. La légende vieillit mais elle a prouvé samedi qu'elle était toujours vivante et ne perdait rien de sa force.

 

Les cinq moments forts du concert

#1 Wild Horses

Mick Jagger arrête de piquer des cent mètres à gauche et à droite de la scène, se plante derrière son micro, ferme les yeux et offre une version époustouflante de Wild Horses. Dans la plaine de Werchter, pas un bruit, presque pas de smartphones  qui illuminent le site. Tout le monde se recueille sur cette chanson country durant laquelle Keith Richards et Ron Wood jouent épaule contre épaule. Grand, tout grand frisson.

 

#2 It's All Over now

Seule entorse à un répertoire carré, It's All Over Now a remplace la chanson "bonus" que les Stones jouent chaque soir sur base d'un plébiscite du public sur Tweeter. "Nous avons appris aujoud'hui que notre ami Bobby Womack était décédé et ça nous rend très triste", déclare Mick Jagger. "Nous allons lui rendre hommage avec cette chanson que nous avons enregistré en 1964, It's All Over Now." En1964, au retour de leur première tournée américaine,  les Stones  reprennent en single (et bientôt sur leur album "12X5)  ce titre écrit par Bobby Womack pour son groupe d'alors The Valentinos; A Werchter, les Stones se lâchent sur ce morceau R&B. Mick, Keith, Ron et Charlie échangent des sourires complices. Ils ont bon. Ils ont la niaque. On dirait un groupe de potes qui vient de retrouver dans le grenier un jouet de leur enfance. Juste en intro du morceau, les écrans LED affichent une photo de Bobby et leur interprétation se clôt par un fondu au noir. Respect total.

 

 

#3 You Got The Silver

Moment généralement choisi par les fans pour aller aux toilettes et faire le plein de bières/fricadelles aux stands, le double intermède chanté par Keith Richards n'est pas souvent synonyme de perfection musicale. Mais si Keith chante complètement faux sur Cant't be seen, sa version de You Got The Silver nous fait presque pleurer. Quelques secondes plus tôt, Mick Jagger a profité de la fin de Honky Tonk Women pour présenter le groupe. Il termine par Keith qui vient saluer, hilare et polisson en se grattant l'entre-jambes. Il prend sa gratte, est rejoint par Ron Wood et se la joue bluesy avec une voix qui tutoie les anges du Delta. Exhumée de l'album Let It Bleed, You Got The Silver est brillamment interprétée façon coin du feu. Sauf qu'il y a soixante mille personnes à la veillée…

 

#4 Midnight Rambler

Avec son jeans qui n'a plus été repassé depuis dix ans, sa coupe de cheveux de conducteur anglais de métro et son bide de buveur de Guiness, Mick Taylor ressemble plus à un roadie de Status Quo qu'à une légende rock de la guitare. Mais dès qu'il joue, il impose sa classe. Invité sur toute cette tournée, l'ex guitariste des Stones "période âge d'or" a droit à deux moments de gloire avec ses anciens potes: Satisfaction en rappelet Midnight Rambler où Mick le pousse à puiser dans ses derniers retranchement. Pour les amateurs de musique, voir Keith Richards, Ron Wood et Mick Taylor jouer côte à côte et visiblement prendre leur pied, c'est quelque chose.

 

#5 Out Of Control 

Ça c'est le genre de truc qu'on aime particulièrement chez les Stones. Loin du tronc commun des hits obligatoires qu'ils doivent jouer chaque soir, les papys déterrent une chanson -on va dire moyenne- de leur répertoire et la réinventent. Sur scène, par la force de la section rythmique et le chant en crescendo de Mick, ce titre extrait de "Bridges To Babylon" (1997) et inspiré de Papa was a rolling stone des Temptations prend une nouvelle dimension. Sur le final, Jagger est carrément en transe. Grandiose…

 

La setlist complète

 

 

Rappel

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