Les 10 commandements de Calogero

Réussite indéniable, "Les feux d'artifice" replace le chanteur populaire au sommet. Il nous livre les secrets de la "méthode Calo".

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Le public ne s'est pas trompé. Depuis sa sortie, le 18 août dernier, "Les feux d'artifice" de Calogero est confortablement installé au sommet des classements en France et en Belgique. Et c'est parfaitement mérité. Accessible sans être formaté, intelligent sans être cérébral, diversifié musicalement tout en évitant le fourre-tout kaléidoscopique, ce sixième album enregistré entre Paris, Bruxelles et les studios Abbey Road de Londres est un album de variétés dans le sens le plus noble du terme qui enchaîne les tubes de haut vol. De Calo, on connaissait les addictions pour la pop anglo-saxonne et la science du refrain imparable. Il ajoute ici un vrai point de vue sur des sujets de société sensibles (le mariage pour tous, la violence urbaine, les familles recomposées) et paraphe le tout d'un parfum de douce sérénité. Même si le bassiste gaucher réfute toute idée de recette préétablie, il a accepté de revenir sur les fondements de sa méthode. Rien que pour vous.

N'emmerde pas l'auditeur

"Cet album, je l'ai voulu court: douze chansons pour une durée de 48 minutes. Je ne veux pas lasser les gens. La musique, c'est avant tout pour divertir les gens, pas pour les ennuyer. Pour moi, une bonne chanson doit parler au cœur, pas au cerveau. Même si ma musique est sophistiquée, je revendique l'étiquette "chanteur populaire de variétés". Rien ne m'émerveille plus que d'entendre un de mes morceaux en faisant mes courses au supermarché. C'est dans ces moments que je réalise que je suis parvenu à entrer dans la vie des gens."

N'oublie jamais d'où tu viens

"Je suis né à Echirolles, dans la banlieue de Grenoble. Je suis un fils d'immigrés et un fils d'ouvrier. Je viens du peuple et c'est de là que j'observe le monde qui m'entoure. Alors oui, j'ai changé, bien sûr, mais je ne me suis jamais coupé de mes racines. Quelque part, toutes mes chansons sont en raccord avec mes origines."

Ne donne pas de leçon

"La chanson Un jour au mauvais endroit fait référence à un drame qui s'est déroulé à Echirolles, là où j'ai grandi. Deux jeunes ont été massacrés en 2012 par d'autres adolescents à cause d'"un mauvais regard". Cette boucherie m'a choqué en tant qu'être humain, en tant que père, mais aussi parce que j'ai été moi-même victime de ce "mauvais regard" quand j'étais gosse. Je ne donne pas de leçon, je n'ai pas de solution, mais je souhaitais à ma manière briser le silence sur cette banalisation de la violence."

Souviens-toi de tes rêves d'ado

"Très vite, j'ai rêvé d'être un musicien reconnu. Quand je répétais chez mes parents, je me motivais toujours en répétant la même phrase: "Imagine que le groupe Téléphone se reforme, que leur bassiste Corinne Marienneau décline l'invitation et que Jean-Louis Aubert te demande de la remplacer." Aujourd'hui, je ne joue pas dans Téléphone, mais je suis reconnu comme musicien. Chaque jour, je dis merci car je mesure mon bonheur d'avoir pu réaliser mon rêve d'ado. Et je ne m'en lasse pas."

Tous au service de la chanson

"Les chansons de "Feux d'artifice" ont été écrites ou coécrites par ma compagne Marie Bastide, mon frère Giocchino, Dominique A, Alex Beaupain, Christophe Cirillo et Paul Ecole. On me dit souvent que Dominique A évolue dans un monde plus cérébral, voire plus sombre, que le mien. Honnêtement, ce n'est pas pour ça qu'on travaille ensemble. Le challenge n'est pas d'accorder des univers qui sont parfois différents, mais de réussir ensemble une chanson."

La musique se joue en groupe

"J'ai été musicien avant d'être chanteur. Comme je suis bassiste de formation, je reste attaché à la notion de groupe. Un bassiste qui joue seul, ça n'existe pas. Quand j'écris un album et surtout lorsque je l'enregistre, je pense toujours à la manière dont ça va sonner en live avec un groupe. Je fais très attention à l'espace donné à chaque instrument dans une chanson, c'est tout aussi important que la voix."

Assume tes goûts

"Je me fous complètement de ce qui est tendance ou pas. Je n'ai jamais prêté attention aux genres musicaux. Petit, j'écoutais à la radio les chansons de Dalida et d'Adriano Celentano. Dans les années 80, j'ai découvert The Cure, Depeche Mode et A-ha. Aujourd'hui, je peux craquer sur une chanson des Strokes, de Queens Of The Stone Age ou de Frédéric François, et ça ne me pose aucun problème de conscience."

Aère-toi l'esprit

"Après mon album "L'embellie" en 2009, j'ai ressenti le besoin de me lancer dans d'autres projets artistiques. Ma tournée avec orchestre symphonique, l'aventure avec le groupe Circus ou "Vieillir avec toi", l'album que j'ai réalisé pour Florent Pagny, m'ont permis de m'aérer et de m'enrichir l'esprit tout en restant dans la musique. Quand je suis revenu à mon "métier" de chanteur pour "Les feux d'artifice", j'avais à la fois l'envie d'un retour aux fondamentaux mais aussi de montrer que je n'étais pas l'esclave du "style" Calogero."

Un petit clin d'œil, ça fait du bien

"La pochette de mon nouvel album fait bien sûr allusion à celle de "Born To Run" de Bruce Springsteen. Mon pote Jean-Louis Aubert me répète souvent que je ressemble au Springsteen jeune, mais je ne sais pas si c'est la vérité ou pour me chambrer. La chanson Conduire en Angleterre est un autre clin d'œil. Je suis gaucher, j'ai des guitares de gaucher et le rythme de la chanson est volontairement très Beatles en hommage à Paul McCartney, le bassiste gaucher le plus célèbre du monde."

Profite de ce que tu reçois

"Je n'ai rien volé pour arriver là où j'en suis aujourd'hui, j'ai tout fait avec ma guitare. J'ai beaucoup donné, mais je reçois énormément et j'en profite. Hier, j'ai appris que mon album était numéro un des ventes pour la deuxième semaine consécutive. Un autre artiste vous dira qu'il s'en fout, mais moi, ça me rend heureux. J'ai déjà été numéro un dans ma carrière, mais jamais deux semaines d'affilée. Je sens aussi que j'ai franchi un cap avec ce disque. Les artistes et les gens du milieu que je côtoie respectent le musicien, et plus seulement "Calogero, le chanteur". Quand un passant m'arrête dans la rue pour faire un selfie, il me pose des questions sur mes mélodies ou sur les paroles de mes chansons, pas sur le dernier potin people. C'est cool… Oui, il se passe quelque chose de vraiment agréable depuis un mois."

Le 12/12 au Palais 12, Bruxelles.

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