L’émission pour tous: Encore un effort

La nouvelle émission de Laurent Ruquier démarre doucement... mais s'assure prometteuse!

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Valeur sûre du petit écran, Laurent Ruquier dévoilait ce soir son tout nouveau talk-show: L'émission pour tous. Un programme extrêmement attendu, et pour cause! Il a pour délicate mission de rattraper la catastrophe industrielle de son prédécesseur, le mal nommé Jusqu'ici tout va bien de Sophia Aram, qui occupait la case horaire prisée d'avant JT jusqu'à décembre dernier.

 

Une pure gamelle dans les règles de l'art, qui a fait sombrer les scores d'audience de France 2 à 3 ou 4% en cinq mois à peine tout en délestant France Télévisions de quelques 700.000 euros de recettes publicitaires. Rien que ça.

 

Et pour relancer les audiences de cette case d'access prime time, Laurent Ruquier et sa productrice favorite, Catherine Barma, réemploie des codes chers à son coeur quoi qu'un peu datés: une équipe de chroniqueurs (au nombre de huit par émission), des invités, un pupitre et un public.

 

Ce qui change par contre, c'est la participation active de ce même public. Tous dotés d'une tablette, les voilà sollicités sur des questions aussi vastes que « Etes-vous favorable au dépistage obligatoire du cannabis au lycée? », « La vie privée du Président de la République regarde-t-elle les Français? », "Irez-vous voir le spectacle de Dieudonné?" ou encore « Trouvez-vous utile l'élection de Miss Ronde? ».

 

Car c'est bien ce dont il est question: revisiter l'actualité de manière plus ou moins décalée, sans ennuyer le téléspectateur. Un challenge presque relevé ce soir, malgré quelques interventions trop vindicatives (qui a dit énervantes?) de certains chroniqueurs comme Christine Bravo. Et parfois déplacées aussi, comme celles de Pierre Benichou, déterminé à débattre des pieds avec Georges Tron ou aux lourdeurs de Steevy Boulay face à une pauvre Miss Ronde complexée.

 

Soit un véritable forum de paroles, où l'on se perd malheureusement un peu trop facilement, tant les intervenants sont nombreux à vouloir placer un mot. Laborieux. Ardue mission que de demander "aux gens de la rue" de s'exprimer comme des pros de la communication. Gêne qui se remarque avec la parole un peu molle d'un étudiant, directement chambré par Titoff, lui proposant un café. On baille aussi un peu face à l'invitée Marcela Iacub, apparemment plus à l'aise avec le verbe écrit que parlé. L'as de pique de la soirée? L'excellent sketch de Florence Foresti, véritable rayon de soleil de l'émission, qui interprétait une fantastique ministre Pipeau. Dommage qu'il ne s'agisse que d'un one shot.

 

Soulignons tout de fois l'envie de se différencier de Touche pas à mon poste, de C à Vous ou du Grand Journal grâce à une formule peut-être un rien plus intello (Merci aux interventions rares mais remarquables du chroniqueur Yann Moix). Soit un concept original, c'est certain, marqué par l'envie d'un Laurent Ruquier plus maître d'école et moins déconneur qu'à l'habitude, qui doit encore trouver ses marques.

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