Le vainqueur de Koh-Lanta? Koh-Lanta!

Le jeu de survie a fait un retour flamboyant. En jouant autant la sécurité que la surprise et la stratégie. N'est-ce pas, Moundir?

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On ignore encore qui va gagner Koh-Lanta. Mais on sait déjà que Koh-Lanta a gagné. Des audiences au top: avec en moyenne 6,7 millions de Français et 420.000 Belges chaque vendredi, TF1 est loin devant M6, la RTBF et RTL-TVI. Pourtant, rappelez-vous, la mort d'un candidat en plein tournage suivie du suicide du médecin de l'émission au printemps 2013 avaient stoppé net la success-story du jeu de survie. Et pas grand-monde ne pariait alors sur un retour relativement rapide et gagnant de l'émission phare animée par Denis Brogniart. Mais elle est là, et bien là. Par la volonté de la chaîne et surtout de la société de production Adventure Line qui n'ont absolument rien laissé au hasard pour réussir ce retour. Evidemment au niveau de la sécurité médicale (les check-up des candidats retenus n'ont pas manqué), mais surtout dans la recette de ce Koh-Lanta de relance. Avec quatre ingrédients imparables.

1. Un casting fort et familier. Koh-Lanta n'a pas joué que la sécurité en ne recrutant que d'anciens candidats chevronnés, certains pour la troisième fois comme Moundir, Teheiura ou Freddy. Ce faisant, il a surtout rassuré le public en le ramenant en terrain connu. Ce qui a provoqué une adhésion immédiate des téléspectateurs pour l'un ou l'autre aventurier déjà connu tout en titillant sa curiosité façon "A-t-il changé? Comment va-t-il s'en sortir?". Le casting a ratissé très large car il y en a eu vraiment pour tous les goûts: Phil l'ouvrier valeureux et sensible. Laurent le sculptural top-modèle inquiet pour sa maman. Sara la culturiste déchaînée… Un savant mélange de gueules, de caractères, d'affinités et d'atouts très différents.

2. Un storytelling savamment dosé. Koh-Lanta , c'est plus qu'un jeu, c'est une histoire d'hommes, de femmes et de leurs relations qui tissent un suspense, savamment monté, découpé, agencé, conté par la production.Plus encore que dans les éditions précédentes, le paquet a été mis sur cette mise en récit pour aboutir à l'alchimie parfaite entre émotions, actions, rebondissements et stratégie. Avec ces candidats-personnages presque dans des rôles: "Moundir le manipulateur" (voir encadré), "Freddy l'intègre", "Florence l'insupportable", "Laurent le good boy", etc. Autant de "modèles" d'identification possibles.

3. Des surprises. Remettre le téléspectateur dans un bain confortable dont il gardait un excellent souvenir était une chose indispensable, mais le tenir en haleine aussi. Par des rebondissements et effets de surprise. Ce que la production a admirablement distillé de façon plus pensée qu'avant. Début du jeu sans Freddy et Teheiura qui deviendront capitaines des deux équipes. Elimination minute d'un candidat après une épreuve (Martin), épreuve entre deux derniers éliminés pour revenir dans le jeu (Martin et Teheiura). Et surtout un plus grand flou entretenu sur les issues des Conseils, souvent le théâtre de renversements d'alliance (comme pour les éliminations d'Isabelle, de Philippe et Freddy plutôt que Teheiura sauvé in extremis par son collier d'immunité). C'est même parfois à se demander si la production n'influence pas à certains moments les candidats à prendre l'une ou l'autre attitude pour relancer le suspense.

4. Une apothéose. Et on n'est pas au bout des surprises puisque ce vendredi, c'est l'apothéose avec l'épreuve d'orientation suivie de celle des poteaux et le dernier Conseil des deux finalistes face aux huit derniers éliminés. Ça va chauffer entre les quatre "amis" d'hier à portée des 100.000 euros! Et là aussi, on va remixer les précédents ingrédients autour d'un dernier carré très contrasté: le roublard Moundir va diviser le public entre ceux qui veulent vivre sa chute et ceux qui espèrent sa victoire. Phil le rustique aborde la finale en outsider tandis que Martin le repêché au moral d'acier donnera du fil à retordre à Laurent le beau gosse qui part favori… Mais comme dit Denis Brogniart: "A la fin, il n'en restera qu'un!"

 

Moundir – "Me traiter de gourou c'est comme me traiter de pédophile"

On nous l’annonçait plus apaisé, plus amoureux, mais Moundir s’est aussi montré moins impressionnant physiquement. Une infiltration 24 heures avant le début du tournage l’aurait empêché de briller dans les épreuves physiques. Mais les bonnes alliances, qu'il a habilement cultivées, l’ont propulsé en finale. Et pour vendredi, il promet de "belles surprises qui feront vomir les jaloux".

Durant cette saison vous avez gagné le surnom de "gourou"…

Une aventurière m'a surnommé comme ça (Sara – NDLR). C'est assez scandaleux quand on sait les ravages que peut faire un gourou. C'est comme si on me traitait de pédophile, pareil! C'est déplacé. Les réseaux sociaux ("ce monde qui n'existe pas" comme j’aime l’appeler) dit aussi que je suis stratège. Mais je ne le suis pas plus que les autres aventuriers.

Ambassadeur d’un site de poker, vous n’êtes pas non plus le dernier à bluffer…

J'ai participé à la stratégie du groupe parce qu'on était un groupe soudé. Je ne dirigeais pas les hostilités, je n'étais pas le chef ni celui qui imposait, au contraire. J'étais à l'écoute de tout le monde. On choisissait en groupe. Si j'étais vraiment stratège, j'aurais sorti les Freddy, les Teheiura bien avant. Certains jouent de leur personnage via la télé mais ils savent très bien ce qui s'est passé là-bas.

Montage et candidats déforment la réalité?

Ce qu’on montre et ce qui est raconté ne reflète pas vraiment ce qu'on a vécu, mais j'accepte les rouages et les règles de la charte éditoriale de Koh-Lanta. Tout ne peut pas être montré, mais j'aurais aimé qu'ils montrent davantage le fait qu'on était très investis dans la survie, etc. On n'a vu qu'une fois quand on découpe des troncs d'arbres et qu'on les porte à quatre. Mais je vous assure que des troncs d'arbres, on en a coupé un paquet!

Les quatre finalistes sont-ils les quatre plus méritants?

Il n'y a pas de méritant à Koh-Lanta. On est les quatre finalistes, si on est là c'est qu'on l'a mérité. C'est comme dans la vie quotidienne, il y a des gens qui méritent et qui n'ont pas, d'autres qui méritent pas et qui ont. A Koh-Lanta il n'y a pas de mérite mais de la chance. Et le fait qu'on se soit protégés l'un l'autre comme quatre mousquetaires. Après il y a eu des affinités, des gens qui ont retourné leur veste. C'est ça aussi le sel de ce programme.

Des rancunes?

Je sais faire la part entre le jeu et la vie de tous les jours. Chacun a une parole, un degré d'éducation et une droiture. Je n'en veux à personne. Je me lève le matin, je prends le métro, je gère mes projets. J'ignore les réseaux sociaux, les insultes. Je ne m’occupe pas des haineux. J'ai l'habitude de dire que "les jaloux vont maigrir". Beaucoup ont déjà bien maigri grâce à moi et ce vendredi 21, ils vont encore bien vomir, car il y aura de belles surprises! Vous verrez, la finale va être belle.

 

 

 

 

 

 

 

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