Le nouveau Beirut: The Rip Tide

C'est contraint et forcé que Zach Condon, alias Beirut, n'a plus sorti qu'un EP depuis son album "The Flying Club Cup" en 2007.

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"A la fin de la tournée, alors que je me trouvais au Brésil, j'ai été victime d'un blocage des cordes vocales lié à des problèmes d'angoisse. J'étais lessivé, au fond du trou noir. Un truc presque mental. J'ai annulé tous mes engagements et je suis rentré chez mes parents à Santa Fe. Les deux premiers mois de convalescence, je suis resté cloîtré dans ma chambre sans toucher à un instrument. Et puis, j'ai repris peu à peu le goût à la musique."

Si "The Flying Club Cup" était empreint de culture européenne, "The Rip Tide", son nouveau chef-d'œuvre, se veut un album plus personnel.

"J'ai essayé de me mettre à nu, d'être le plus honnête possible, loin de l'image qu'on a de moi en Europe où je suis considéré comme un artiste branché craquant pour les films de la nouvelle vague et les vieilles cartes postales de France (référence à la pochette de "The Flying Club Cup" – NDLR). Que les habitués se rassurent. Musicalement, on retrouve sur "The Rip Tide" tout ce qui fait le charme de Beirut.

De l'accordéon, du glockenspiel, de la trompette, des valses balkaniques, du piano de cabaret mélangé avec de la folk baroque et cette voix chaude de crooner dépressif. Dans les textes, par contre, Zack se dévoile un peu plus, notamment dans Santa Fe, où il évoque une adolescence tourmentée au Nouveau-Mexique.

"Santa Fe est une ville magnifique d'un point de vue architectural, mais elle ne t'appartient pas. Les touristes y ont presque plus de droits que les habitants. Quand j'étais jeune, je me faisais sans cesse virer des clubs dans le downtown. J'étais considéré comme le mauvais gars. Tous mes copains rêvaient de jouer de la guitare dans un groupe comme Weezer ou Pavement, moi je préférais le piano et François Truffaut. J'ai arrêté l'école et je me suis cassé à 17 ans avec mon baluchon."

Sa vie de bohème est évoquée de manière réaliste dans Vagabond et plus imaginaire dans Payne's Bay ou Port Of Cali ("deux endroits où je n'ai jamais mis les pieds").

Très touchante aussi est cette image du frère emblématique qu'il envoie avec la ballade East Harlem. "Toute mon éducation musicale, je la dois à mon frangin. Il volait des disques à New York et me les envoyait par courrier. J'avais écrit cette chanson quand je l'ai retrouvé à East Harlem, en 2003, mais je n'avais jamais osé l'enregistrer."
h Luc Lorfèvre
Le 14/9 à l'AB (complet)

Santa Fe

Santa Fe – The Rip Tide by PompeiiRecordingco

 

Live à Arles en juillet 2011

Beirut The Rip Tide
Munich

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