Le monde de Barney

Fucking Barney! Il est misogyne, il picole, il fait des blagues de pétomane. Et pourtant, il nous a émus.

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Ce film est très réussi! Mais ne serait sans doute pas très différent s’il était raté. C’est pour cet amusant équilibre instable entre un casting d’enfer (Paul Giamatti a bien fait de décrocher le golden globe du meilleur acteur) et une mise en scène pas toujours très inventive que Le monde de Barney nous a convaincus. Le film rappelle une vérité essentielle que quelques réalisateurs nombrilistes devraient méditer: le bon cinéma est affaire de bons comédiens et d’une histoire au diapason. Le devoir du metteur en scène étant de servir son sujet et pas de s’en servir pour essayer de briller.

Antihéros porté sur la bouteille et le politiquement incorrect, Barney est un producteur de shows télé souvent fauchés mais parfois brillants. Le genre de type qui croit toujours avoir raison et qui est capable de rencontrer l’amour de sa vie dans l’assistance de son deuxième mariage. Atteint d’une maladie grave, Barney Panofsky se remémore alors les trois femmes de sa vie.

Il en découle un film en forme de chronique romancée. Une œuvre tour à tour offensante et attachante. D’abord parce que cette adaptation du livre du Canadien Mordecai Richler semble assez autobiographique pour susciter un sentiment d’empathie. Et aussi car elle demeure en même temps assez fantasmée pour aligner de belles idées originales. Enfin, ce Barney est tellement bien habité par Giamatti que l’on ne s’indigne pas de ses gestes. Bref, avec son petit air de Man On The Moon (qui retraçait la vie du comique américain Andy Kaufman), Le monde de Barney signe même l’exploit de nous faire aimer un adepte de la misogynie ordinaire. Car au lieu de tenter d’embellir les tares humaines, ce film essaie de les apprivoiser. Et ça, c'est fort! 

Le monde de Barney

Réalisé par Richard Lewis (2010). Avec Paul Giamatti, Rosamund Pike, Jake Hoffman.
Sortie le 23/3 – 132’.

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