Le gamin au vélo

Réduit par une partie du public à ses décors tristes, ses personnages paumés et sa misère ambiante, le cinéma des frères Dardenne va pourtant bien plus loin que ces clichés.

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Preuve encore avec ce très beau Gamin au vélo. L'histoire d'un garçon de douze ans (fantastique Thomas Doret) lâchement abandonné par un père incapable. Laissé dans un foyer avec une fausse promesse: "Je viendrai te rechercher." Anéanti, le garçon ne sait pas encore qu'il n'a d'autre choix que de revenir vers la vie. Peu habitué aux gestes d'amour, il rencontre pourtant une jeune coiffeuse du coin (Cécile de France), qui lui propose de l'accueillir pendant les week-ends. Ensemble, ils feront un bout de chemin.

Si les frères racontent une histoire dure, ils signent aussi un film qui tend vers la lumière, l'espoir, l'apaisement, la reconstruction. "C'est une première pour nous, un film qui raconte comment l'amour de quelqu'un peut sauver quelqu'un d'autre." Ils nous montrent que seul l'humain peut sauver l'humain. Qu'il faut se battre (si possible à plusieurs) pour repousser la souffrance, pour apprendre à lâcher prise avec le passé. Pour oser regarder droit devant. Et cela, les frères Dardenne l'expliquent finalement sans lourdeur ni pathos. Dans un film à la réalisation limpide, claire, simple. Assurée. Qui laisse aux acteurs de larges espaces pour s'exprimer (le face-à-face entre le gamin et son père dans les cuisines d'un restaurant est splendide). Un beau film de cinéma. Sans tralala.

Le gamin au vélo.

Réalisé par Luc et Jean-Pierre Dardenne (2010). Avec Cécile de France, Thomas Doret, Jérémie Renier – 87'.

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