Le film de la semaine: Party Girl

Il y a cette scène d’ouverture dans Party Girl où, lascives, des femmes de tous âges et de toutes beautés dansent dans un cabaret sur un titre de Chinawoman - qui donne son titre au film.

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Le point commun entre elles? Ce sont des party girls, des filles de bar, des entraîneuses de cabaret qui "invitent des mecs à boire" et plus si affinités. La caméra s’attarde sur l’une d’elle, des yeux bleus immenses trop maquillés, trop de bijoux et une silhouette qui ne cache pas la soixantaine galopante. Elle, c’est Angélique. Le film trace son portrait. Etonnant mélange des genres, entre fiction et documentaire, qui raconte une femme rejouant sa propre vie sous les yeux de son fils cinéaste. C’est là toute la force de ce premier film audacieux

Réalisé par un trio de jeunes auteurs (amis dans la vie), dont Samuel Theis – fils d’Angélique -, Party Girl suit donc la route marginale et cabossée d’une entraîneuse de bar en région lorraine à la frontière allemande, qui décide d’épouser Michel, "homme bien" et client réglo dont elle n’est pas vraiment amoureuse. Le film montre l’impact de cette décision sur sa vie familiale chaotique, et la manière dont ce mariage improvisé va lui permettre de resserrer les liens distendus avec ses quatre enfants (tous dans leur propre rôle, dont la petite dernière, élevée en famille d’accueil). On leur a proposé d’approcher Catherine Deneuve, mais les trois cinéastes ont voulu la vraie Angélique, butée et libre. Le résultat? Une œuvre d’une émotion totale (magnifique scène de mariage). Parce que ce film est le portrait vrai d’une femme, mais aussi de toute une classe sociale en marge, mélange d’anciens mineurs et de déclassés. Une Caméra d’or à Cannes (meilleur premier film) amplement méritée, où le romanesque affleure sans cesse derrière le drame. Comme dans la vie. On bascule avec Angélique.

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