Le Festival de Dour 2014: Nas, magistral

"Are you ready for some real hip-hop?" Hier soir, sur la Last Arena, le rappeur de Queens-Bridge était attendu comme Martin Luther King à son dernier discours.

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Il faut dire que Nas avait décidé de célébrer la double décennie de son premier album – Illmatic – en rejouant sur scène cette anthologie du gangsta rap. Devant un mur d'images mixant les plans de Big Apple, les vidéos de l'album, des extraits de comics et autres délires graphiques, le prêcheur philosophe sur la vie, la musique, le rap bullshit.

Avant de demander à l'ingé lumière de braquer ses spots sur la Last Arena noire de fans et d'enchaîner les hits de 1994 – N.Y. State of Mind, rebaptisée Belgium State of Mind en tête. Porté par son flow dark, autobiographique et précis comme un sniper des Navy Seals, Nas a démontré que cette tournée hommage n'était pas qu'un shot commercial mais bien un retour aux sources du rap brut de décoffrage. Du grand, du tout grand Nas.

Nas, 20 ans d'Illmatic

Pour célébrer le vingtième anniversaire de son chef d'oeuvre, Illmatic, Nas redonne chair aux titres de son premier album, le temps d'un concert-commémoration.

Non, il n'est jamais trop tard pour rejouer sur scène les morceaux d'un album qui a vingt ans. Surtout quand on s'appelle Nas. Pour fêter la double décennie d'"Illmatic", pierre angulaire dans l'histoire du hip-hop, le rappeur de Queensbridge s'offre, en plus de la réédition de son chef d'oeuvre, une tournée-commémoration 100% best-of à travers le monde. De quoi redécouvrir la plume méticuleuse du rappeur et le décor qu'il dépeint.

En phase avec le monde de la rue, le jeune Nasir de 1994, alors petite frappe qui ne se prive pas d'aller braquer des passants avec sa bande, conte un quotidien morose et s'impose comme le poète hip-hop de toute une génération. La simple écoute du magistral N.Y. State of Mind, dont les beats sont produits par une autre légende, DJ Premier, suffit à prouver toute l'aura et la verve de ce technicien des verbes qui déballe avec audace les frustrations et les drames de la vie de tous les jours d'un jeune black du ghetto.

Les années ont coulées depuis, et avec douze albums à son actif, le petit prodige new-yorkais a amassé un paquet de fric. Mais si le passé de gangster et les mois en prison sont définitivement oubliés, le maestro n'a rien perdu de sa superbe. Au contraire, à son flow imagé et limpide vient se greffer la sagesse toute particulière du mec qui trône parfois de près, parfois de loin, au coeur du business impitoyable du hip-hop. Vingt ans après, c'est simple, il n'a pas pris une ride.

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