Le duel des mignons à Werchter

Sam Smith et George Ezra, les deux nouvelles idoles de la pop anglaise, se succédaient sous les chapiteaux ce vendredi après-midi.  Notre test comparatif.

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George Ezra

Le Look

Silhouette longiligne, l'universitaire anglais ne fait pas dans la recherche vestimentaire.  Jeans de faux prolo, t-shirt blanc, cheveux courts  et guitare en bandoulière,  George Ezra se la joue en vagabond moderne. Une version propre et quelque peu bourgeoise de son idole Woody Guthrie.  Pour la street credibility, c'est raté.

 

Le concert

George a le timbre baryton et écorché d'un performer de cinquante balais qui en a vécu des vertes et des pas mûres.  Il ne doit même pas forcer sur son talent pour imposer cette voix qui fait directement la différence sur Blame it On Lee, Listen To The Man ou l'imparable Budapest.  Poli, concentré, il déroule son répertoire tiré de son premier album "Wanted on Voyage".  Il n'est pas ici pour faire le malin ou se mettre en danger, juste pour thésauriser le succès de ses singles qui flirtent entre blues, pop et country, le tout en mode acoustique. Le public ne lui en demande pas plus.

 

On aime

Sa voix, son sourire (en fait, là, ce sont les filles qui aiment) la simplicité pop de ses compostions et les éléments blues "des champs de coton" parfaitement assumés.   La ferveur populaire quand il a chanté Budapest nous a donné la chair de poule.

 

On aime moins

Les temps morts entre chaque morceau, ses "thank you"  répétitifs, l'absence de la moindre étincelle

 

Le verdict

Un concert trop lisse qui s'oublie dès qu'il se termine.  Avec, au final, l'impression que le garçon est capable de beaucoup mieux.

 

 

Sam Smith

Le look

Il est un peu plus grassouillet que sur les photos de presse. Chemise hawaïenne fermée jusqu'au dernier bouton, pantalon bleu avec un peu d'eau dans les caves, baskets sans chaussettes et coupe en brosse façon Desireless période Voyage, voyage (sa seule période, en fait), Sam Smith se la joue english boy en vacances qui a peur de se choper des coups de soleil.  Eh Sam, tu joues sous un chapiteau, tu n'as rien à craindre.

 

Le concert

Découvert voici un an et demi avec le single Latch de Disclosure, Sam Smith enchaîne les tubes. Parfaitement dans l'air du temps, son premier album "The Lonely Hour" s'est déjà écoulé à plus d'un million d'exemplaires depuis sa sortie voici moins d'un mois.  L'assistance connaît déjà les chansons par cœur et  son concert ressemble dès lors à celui d'une vedette pour teenagers avec des cris, des larmes et parfois même l'hystérie quand il entonne La La LA, Lay Me Down, Money On My Mind et, bien sûr, Stay With Me.

 

On aime

Stay With Me qui est sans conteste l'un des tubes de l'été.

Le contraste entre le look ensoleillé de Sam Smith et ses musiciens barbus, tatoués et vêtus de t-shirts noirs.

Les filles qui prennent des selfies pendant Stay With Me.

 

On aime moins

Ses tubes bien foutus mais tellement dans l'air du temps qu'on doute de leur pérennité.  Les musiciens qui jouent la note sans se permettre la moindre folie.

 

 Le verdict

Comme avec George Ezra, il n'y a aucune surprise. Mélange de pop, d'électro clean et de soul pour bars d'hôtels cinq étoiles, sa musique est parfaitement inoffensive mais elle a fédéré les plus jeunes ce vendredi

 

 

 

ET LE GAGNANT EST…

Entre George le baryton et Sam Desireless, on choisit définitivement The Strypes

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