Le come-back des Men In Black

Phénomène ciné du tournant des années 2000, les chasseurs d'E.T. reviennent. Avec un troisième volet dans la pure lignée de la saga.

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Quand les deux premiers épisodes d’une saga ciné engrangent près d’un milliard de dollars de bénéfices, l’avenir semble tout tracé: direction la suite! Facile à dire. Difficile à faire. En effet, les engrenages bien huilés des Men In Black 1 et 2 se sont d’abord retrouvés solidement grippés. Initié depuis près de quatre ans, ce troisième volet de la série s’est heurté à des problèmes techniques et à de nombreuses impasses dans le scénario. En plein milieu du tournage, le réalisateur Barry Sonnenfeld ne s'en cachait d'ailleurs pas. "Will Smith a tenu à tourner de nouveau certaines scènes du début car il n’était pas content du résultat. Et pour la suite du film, nous n’arrivons pas à trouver une cohérence dans cette nouvelle histoire."

Après plusieurs mois d’atermoiements et 75 millions de dollars de dépassement du budget initial, qui a finalement plafonné à 215 millions, Sonnenfeld décide de reprendre le tournage… mais toujours sans idée précise de la seconde moitié du récit. Du jamais vu! "Nous avons donc tourné dans l’ordre chronologique! Avec des scénaristes qui travaillaient en parallèle pour faire évoluer la trame de jour en jour. Etait-ce responsable? Si le film marche bien, c’est un coup de génie. Si c’est un échec total, alors ce sera une idée stupide", explique-t-il. Résumant à elle seule l’objectif principal de ce troisième volet: faire du dollar. Et un maximum si possible!

Nous n’avons encore aucune idée de l’intensité du tintement du tiroir-caisse puisque le film sort aux Etats-Unis (qui servent généralement de baromètre) en même temps qu’ici. Par contre, côté spectacle, Men In Black 3 remplit son contrat. Cette fois, l’agent J (Will Smith) va devoir remonter dans le temps pour réaliser la passe de trois: sauver la vie de son partenaire l’agent K (Tommy Lee Jones), l’agence qui emploie nos hommes en noir, et même l’avenir de l’humanité. Et si le récit comporte effectivement quelques flottements que l’on essaie de nous faire gober via un voyage dans le temps toujours bien commode quand il s’agit d’expliquer les lacunes des scénaristes, MIB 3 devrait bel et bien convaincre les fans du genre.

À la fois blockbuster pyrotechnique et comédie pince-sans-rire grâce aux mimiques de Will Smith et à l’incrustation de quelques images mythiques de l’histoire du monde, ce film réussit même parfois à faire oublier d’où il vient (une usine à divertissements formatés) et où il essaie d’aller (vers le plus grand nombre de spectateurs). De son côté, la 3D est, cette fois, utilisée à juste titre et dans la pleine mesure de ses possibilités. Notamment grâce à des scènes de combat entre les deux agents et des aliens à la langue aussi longue que celle du bassiste de Kiss. Bref, rien de révolutionnaire, mais de la belle ouvrage agencée sur mesure pour les familles avec enfants de plus de dix ans. "En fait, Men In Black possède le juste équilibre de monstres et de gags pour qu’il devienne l’un des premiers films de science-fiction visible par les plus jeunes. Car les scènes plus dures sont systématiquement désamorcées par des moments plus calmes. Voilà un des secrets de sa popularité", expliquait Will Smith peu après la sortie du premier film en 1997.

Thriller finement dosé, cette saga adaptée d’une série de comics cultes des années 90 doit aussi son succès à la fascination des terriens pour les ovnis… et surtout à notre capacité à nous défendre contre une éventuelle intrusion! "Depuis toujours, pointait Smith, les extraterrestres au cinéma étaient soit des gentils un peu lisses comme E.T., soit des monstres sanguinaires face auxquels les terriens n’avaient aucun moyen de faire face. Comme dans La guerre des mondes ou Independence Day. Avec Men In Black, c’est différent: s’ils existent et se montrent malintentionnés, les extraterrestres trouveront à qui parler." Les ingrédients du succès étaient donc multiples: de l’humour mais pas trop, du suspense mais pas que. Et des aliens. Plein d'aliens…

Quinze ans plus tard, la recette n’a pas changé! Les Hommes en noir capitalisent avec intelligence sur la tendance actuelle, la nouvelle sainte trinité en "re": recyclage, remake, revival. "Certains nous reprocheront le fait de n’avoir rien inventé de neuf depuis les débuts. D’autres vont au contraire nous féliciter pour notre cohérence", conclut Sonnenfeld. Quoi qu'il en soit, ce troisième épisode devrait permettre aux Men In Black et à leurs producteurs de financièrement voir la vie en rose.

 

Men In Black 3 3D
Réalisé par Barry Sonnenfeld (2011). Avec Will Smith, Tommy Lee Jones, Josh Brolin – 104’.

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