Laurette Onkelinx – La stratégie du choc

Sur les bancs de l'opposition au gouvernement Michel Ier, c'est la pasionaria de la gauche qu'on entend le plus et le plus souvent. Au risque de faire passer les socialistes pour de mauvais perdants. Rencontre.

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Laurette Onkelinx a 56 ans. Dont 27 de vie politique et 22 d’affilée à occuper un poste de ministre. Une figure incontournable de la vie politique belge, donc. Omniprésente même, diront certains, tant le couple qu’elle forme avec le constitutionnaliste Marc Uyttendaele squatte les studios de télévision et les tribunes de presse. Celle qui fut la première femme vice-Premier ministre, avant d'occuper cette fonction dans six gouvernements différents, a changé de vie professionnelle depuis le 11 octobre. Nouvelle majorité oblige, elle est redevenue "simple" députée. Mais n'a pas quitté pour autant la lumière des projecteurs, dénonçant par-ci les "bruits de bottes", par-là la "violence sociale" du gouvernement. D'ailleurs, on se pose la question: dès le lendemain de son retour sur les bancs de l'opposition, elle se faisait excuser du plateau de Pascal Vrebos pour une hospitalisation en urgence… Coup de blues post-ministériel ou surrégime oppositionnel?

Madame Onkelinx, comment va votre dos, comment va votre moral?

Laurette Onkelinx – Bien, ça va bien, merci. C’est vrai que j’ai eu un gros problème de dos qui m’a amenée à être hospitalisée, mais j’ai bien été prise en main, ça va très bien à ce niveau-là, c’est terminé. Et pour le reste, je vais bien parce que je continue à être dans l’action. Je suis une femme qui a besoin de travailler beaucoup… Evidemment, j’ai changé de métier, mais j’agis toujours autant.

Vous avez été ministre sans interruption de 1992 à 2014, ça vous manque?

L.O. – Non… Je suis de celles qui estiment qu’on peut travailler sur des projets sociaux, qu'on soit ministre ou dans l’opposition. Ou en travaillant dans des associations ou de mille et une autres façons. Et donc, ma vie n’est pas… transformée. Je continue mon travail, mais d’un autre point de vue.

Vous avez plus de temps pour vous?

L.O. – Mais pas tellement, non. Enfin, il faudrait peut-être se voir dans six mois et je pourrais vous le dire, mais pour le moment, non. Vous savez, je dirige le PS à Bruxelles et j’ai donc un gros travail avec les sections de militants et les membres socialistes de l’exécutif bruxellois et je suis chef du groupe socialiste à la Chambre; j’ai beaucoup de travail de ce côté-là. Je l’ai dit aux équipes qui m’entourent: je conçois l’opposition comme une source de propositions constructives et non pas uniquement comme une source de critiques…

En 22 ans, vous avez dû vous constituer une fameuse équipe de conseillers, que font-ils maintenant?

L.O. – Je suis contente que vous parliez de cette équipe, parce que si je devais désigner le moment le plus difficile de mon changement professionnel, c’est bien celui-là: le moment où l’on dit "au revoir". A des hommes ou des femmes avec qui on a parfois travaillé depuis plus de 20 ans, qui font presque partie de ma famille, dont j’ai été pour beaucoup le premier employeur. C’est quelque chose. Alors, voilà, les uns et les autres ont pris des directions différentes…

Ne plus se retrouver au fédéral, cela n’a pas été un coup de bambou. N’avez-vous pas été cueillie par surprise, malgré tout?

L.O. – Il y a eu un choc. (…)

La suite de l'interview dans le Moustique du 29 octobre 2014

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