Laurence Anyways

On le humait avec J’ai tué ma mère et sa mise en scène fulgurante, on le pressentait avec Les amours imaginaires et cet univers d’éternel jeune homme perdu sur la carte du Tendre…

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Avec ce troisième film, c’est clair: un vrai nouveau cinéaste est né! Car Laurence Anyways prouve que le Canadien Xavier Dolan possède les deux caractéristiques du métier qui est bien rentré: un univers (des personnages souvent outranciers) et des tics de réalisation (notamment des films très longs) tellement marqués qu’ils ne laissent personne indifférent.

Bref, Dolan, on aime ou on déteste. Et nous nous situons dans le premier groupe. Car cette histoire d’amour impossible, que ne renierait pas Almodóvar, où un homme finit par avouer à sa femme son désir de changer de sexe, aborde des thèmes très forts (la différence, la solitude). Mais sans jamais devenir donneuse de leçons.

De plus, chaque scène potentiellement trop lourde est systématiquement désamorcée par un trait d’humour. Tandis que le casting se révèle parfaitement équilibré. Entre nouvelles valeurs à la hausse (Suzanne Clément), contre-emplois chics et chocs (Nathalie Baye) et réelle performance (Melvil Poupaud). Bref, Dolan sautille mais n’oublie jamais l’objet de son tourment: le sexe, anyways!

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Laurence Anyways
Réalisé par Xavier Dolan (2011). Avec Melvil Poupaud, Suzanne Clément, Nathalie Baye – 159’

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