L’attentat

Tout semblait aller pour le mieux pour ce médecin, qui se considérait comme un exemple parfaitement réussi d'intégration d’un Palestinien en Israël. 

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Jusqu’au jour où il découvre que sa femme, qu’il croyait pourtant si bien connaître, a commis un attentat suicide.

Aussi romanesque que solidement ancré dans le réel, L’attentat, adaptation cinématographique du roman de Yasmina Khadra, se regarde aussi bien comme un thriller impitoyable que comme un éclairage nouveau sur le conflit israélo-arabe.

Partant de ce pitch imparable, L’attentat va se déployer sur deux fronts. D’abord avec un volet plus proche du polar qui déroule l’enquête et tente de voir si le mari est impliqué ou pas. Et, surtout, avec un autre versant plus bouleversant dans lequel on suit l’homme incrédule et brisé, perclus par ses doutes et ses incompréhensions.

Le tout sans jamais prendre position. "L’attentat n’est pas un film politique, confirme son réalisateur. Son cœur est ailleurs: du côté de l’implosion d’un couple. Durant la préparation du film, nous nous sommes demandé si cela ajouterait quelque chose à l’histoire d’expliquer un acte tel que l’attentat suicide. Nous avons balayé toutes les hypothèses expliquant ce geste kamikaze… Pour nous rendre compte que le mieux était encore de laisser le spectateur libre de toute interprétation. Ce qui importe le plus dans le film, c’est ce qu’Amine apprend sur son couple et sur lui-même", conclut celui qui fut assistant caméraman de Quentin Tarantino sur Reservoir Dogs, Jackie Brown et Pulp Fiction.

Il en résulte donc un film arrivant à garder la profondeur et la pudeur du best-seller qui lui a servi de matériau de base, sans jamais perdre le rythme ni la nervosité nécessaires pour tenir le spectateur en haleine.

L’attentat
Réalisé par Ziad Doueiri. Avec Ali Suliman, Reymonde Amsellem, Evgenia Dodina – 105’.

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