L’argent de poche des ados

L’argent de poche, véritable casse-tête pour les parents. En donner semble indispensable. Mais dans quelle mesure? A quel âge? Et, surtout, qu'en font les ados?

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On s'en souvient tous: les premiers francs reçus de nos parents, on les a accueillis comme le messie en Terre sainte. Mais l'ado – c'est sa nature – n'en a jamais assez. Et pour éviter qu'il pleure pour un rab à la veille de chaque week-end ou vacances, autant se tenir au courant de la réalité du marché très particulier de l'argent de poche. Une étude récente du Crioc (Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs) nous y aide, qui recense la moyenne des sommes données en Belgique par âge, mais aussi l’utilisation générale de ce capital.

10 ans, les premiers euros

Premier constat: 2009 accueillait un retour en grâce de l’argent de poche. La crise (un peu) passée, le portefeuille des ados se remplit plus tôt, plus vite. Mais en 2010, c’est déjà la rechute, de 76 % des jeunes à en bénéficier, ils passent à 69 %. C’est en moyenne à partir de 10 ans que les parents lâchent leurs premiers euros. Avant, la distribution de monnaie sert plus à remplir un cochon en plastique qu'à être utile. C'est à 13 ans, et donc dès l’entrée en secondaire, que cette pratique se généralise. A cet âge, ils sont plus de 7 sur 10 à recevoir leur dringuelle mensuelle.

43 €, le sommet de la générosité

Dans une famille nombreuse, la facture "argent de poche" peut vite s'avérer salée. Et pourtant, ce sont celles qui donnent le plus. C’est particulièrement vrai pour les parents de trois enfants: ils remportent la palme de la générosité avec 43 euros par mois par enfant. Le bas du classement? Les familles de 2 enfants, avec 32 euros mensuels de moyenne. Quand même… Baptiste, 16 ans, confirme ces résultats. "Je reçois 20 euros par semaine, mon frère pareil et ma sœur un peu plus, mais elle est plus âgée. Ça me permet d’être assez cool dans mes dépenses, pour le moment, j’ai pas besoin de job étudiant."

1 ado sur 2 économise

Qui dit argent de poche dit achats impulsifs, futiles. Ce qui effraie souvent les parents, c’est de savoir comment il est dépensé. Ne serait-on pas en train de sponsoriser l’achat de drogue, cigarettes, alcool? D’après l'étude du Crioc, nos ados sont plus responsables qu'on ne le croit. Déjà, plus de la moitié des jeunes de 10 à 17 ans économise son argent en vue d’un gros achat. Et pour ceux que les billets démangent, la tendance serait plus à acheter des vêtements ou des snacks. A part faire craquer la garde-robe ou prendre du poids, rien de bien dangereux là-dedans.

17 ans, le moment-clé

Ce n’est qu’à partir de 17 ans qu’une plus grande partie du "fric" des parents est dépensé en sorties et alcool. Après, si cette rentrée devient insuffisante (et si l’ado n’est pas trop fainéant), la nécessité d’un petit boulot s’impose. Clément, 17 ans, explique. "A un moment donné, c’est devenu impossible de vivre avec la somme que je recevais. Si je voulais sortir plus d’une fois par semaine, j’y arrivais pas, j’étais tout le temps à sec et je devais "gratter" mes potes. Du coup, je travaille pendant les vacances, là je peux me faire plaisir, et le must, c’est que c’est MON argent, mes parents n’ont rien à dire." Avis partagé par plus de la moitié des ados de 16 à 17 ans, qui complètent leur pactole par un job étudiant.

2 x plus de Flamands

Fait étonnant: les jeunes flamands sont pratiquement deux fois plus nombreux à travailler que les ados wallons alors que ceux-ci reçoivent sensiblement moins d’argent de poche. Un chiffre qui ajoute fatalement aux clichés véhiculés par chaque communauté…

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