La rencontre entre Raoul Hedebouw (PTB) et Mischaël Modrikamen (PP)

L'un est porte-parole du petit parti qui monte à la gauche de la gauche, l'autre, président du petit parti qui monte à la droite de la droite. Deux fortes têtes, que tout oppose sur le papier, mais qui se sont interviewés l'un l'autre à notre initiative. Un exercice plein d'enseignements!

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Et si les élections fédérales du 25 mai prochain consacraient les "petits" partis? Cette année, la gauche de la gauche et la droite de la droite croient en leur chance. Il faut dire que les sondages les créditent de 7 % d’intentions de vote. Mais que pourraient faire les agitateurs du Parti des travailleurs de Belgique associés à divers partis d'extrême gauche pour former l'alliance PTB- Go, et ceux du Parti populaire (PP), si vraiment ils entraient au Parlement? L'un et l'autre jurent incarner la rupture et de nouveaux modèles. Ils ne déploient pas moins de bagout ou d’énergie que les politiques élus. La preuve avec leur leader respectif. A ma gauche, le très avenant et médiatique porte-parole du PTB-Go Raoul Hedebouw, 36 ans, conseiller communal à Liège. A ma droite, le brillant avocat et toujours souriant Mischaël Modrikamen, 48 ans, président du PP. Deux hommes à qui Moustique a proposé de s'interviewer l'un l'autre, histoire de savoir ce qu'ils ont dans le ventre, et dans le programme. Une rencontre à haut risque, organisée dans un hôtel du Sablon, à Bruxelles, où chacun a été invité à poser cinq questions à l'autre.

 

Mais ces deux-là, aux extrêmes de l'échiquier politique, sont-ils seulement capables de s'asseoir à proximité l'un de l'autre et de se parler? "Modrikamen, c’est mon opposé total, il a même rencontré Marine Le Pen. Je ne viens pas pour faire copain-copain avec lui" nous glisse Hedebouw juste avant la rencontre. C’est vrai qu'entre le biologiste de formation et le juriste, c'est un peu la rencontre entre deux mondes. Mischaël Modrikamen débarque en voiture avec assistant, costume taillé sur mesure et pochette, là où Raoul Hedebouw s'est pointé seul, relax, en train et bus. On se serre la main, sourire de circonstance. Tout de suite, cela charrie. "Salut Raoul, je me doutais que tu serais en chemise blanche sans cravate, alors j’ai fait pareil que toi, lance l'avocat. Tu rêvais qu’on se rencontre devant Arcelor-Mittal, et te voilà dans un hôtel de luxe." "Je ne connais pas ces endroits, se défend Hedebouw, quand je viens à Bruxelles je loge chez des potes." Le face-à-face est lancé. Gare aux étincelles…

La rencontre dans le Moustique du 26 mars 2014

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