La pilule a 50 ans: le vrai du faux

Perfectionnement aidant, les pilules d'aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec les bombes hormonales d'hier, qu'on accusait de provoquer migraines, nausées... ou de développer de la moustache.

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En 2012, et même si les études – parfois – se contredisent, voici ce que l'on sait des effets secondaires du premier contraceptif oral.

La pilule peut faire grossir: Faux… mais vrai

Ce serait un des principaux freins à son usage chez les ados belges. Pourtant, aucune étude n'a réussi à démontrer une corrélation entre prise de graisse et contraception orale. Par contre, cette dernière favorise parfois la rétention d'eau, et donc aussi une certaine tension mammaire.

La pilule peut freiner la libido: Vrai

Toutes les femmes sécrètent de la testostérone, "hormone du désir". Trop chargées en œstrogènes et progestatifs, certaines pilules peuvent créer un déséquilibre avec ce taux de testostérone et faire chuter la libido. Un problème que les gynécoloques sont normalement à même de régler en prescrivant des pilules mieux adaptées.

La pilule peut provoque des thromboses: Vrai

En octobre dernier, le British Medical Journal publiait une étude danoise qui soulignait le risque quatre fois plus élevé de thrombose veineuse et artérielle chez les femmes qui prenaient un contraceptif hormonal. Spécialement chez celles dont la pilule est dite de "3e génération". Dans la foulée, une étude américaine remettait une couche en prouvant que les pilules de 4e génération (munie d'un nouveau progestatif, la drospirénone) doublaient encore ce risque. Un danger à relativiser. Sur 100.000 femmes, cela ne représente "que" 20 à 40 cas. Moins que le risque de thrombose chez les femmes enceintes. Et un risque théoriquement évacué dès l'arrêt de la contraception.

La pilule et le tabac: un cocktail explosif… Vrai

Toutes les études vont dans ce sens. Et pas seulement envers la pilule: tous les contraceptifs hormonaux sont concernés, surtout s'ils sont davantage chargés en œstrogènes. Le risque de décès consécutif à une maladie coronarienne serait multiplié par cinq chez les fumeuses de plus de 35 ans.

La pilule peut provoque le cancer: (Peut-être mais pas tout à fait) faux

Comme le rappelle Julia Laot, responsable de projets au sein de la Fédération des centres de planning familial des Femmes prévoyantes socialistes, le lien entre la pilule et le cancer du sein n’a scientifiquement jamais été établi. "Mais les études se contredisent…" Effectivement: d’après le Centre international de recherche sur le cancer, la pilule augmenterait quand même légèrement les risques de cancer du sein, du col utérin et du foie. A l’inverse, en 2008, on apprenait que la contraception orale diminuait plutôt le risque de cancer des ovaires. Mieux: plus longue était la durée de la contraception, plus les risques diminuaient. Et une étude italienne parlait d'une limitation du cancer du côlon…

La pilule peut entraîner une stérilité définitive: Faux

Dans les milieux plus défavorisés, dans les populations immigrées, c'est – outre le prescrit religieux – le reproche majeur à l’endroit de la pilule. Pour rien! Certes, après son arrêt, les ovaires peuvent mettre plusieurs mois à retrouver toute leur fonctionnalité, mais on n'a constaté aucune incidence de la pilule sur la fertilité des femmes. Au contraire, il semble qu’elle "protège" les ovaires des mauvaises ovulations. Autre chose est la question de l'âge. Arrêtez les contraceptifs à 35 ans, c'est retrouver la fertilité d'une femme de 35 ans, forcément moindre qu'à 17.

Dossier complet dans le Moustique du 18 avril

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