La méthode Courbet

C'est un cas unique: il bosse à la fois pour France 2, TF1 et la radio. Mais comment fait-il? Super Courbet nous a invité à le suivre. Rencontre avec un mec passionné, drôle et cash.df

28215

Un bref sondage dans votre entourage vous mènera forcément sur la mauvaise piste. Terreur des plombiers malhonnêtes et des entrepreneurs véreux durant 15 années dans Sans aucun doute, l'animateur "spécialiste des arnaques" a planté là et sa réputation et TF1. Pour le divertissement sur France 2. Hyper à l'aise dans ses baskets avec En toutes lettres et pertinemment malicieux aux commandes du 4e duel, il dévoile sur France 2 un tempérament qu'on ne lui connaissait pas. A côté de ses activités télévisuelles, il anime aussi chaque jour une émission baptisée Ça peut vous arriver sur RTL, la radio la plus écoutée de France.

Voilà pour la partie visible de l'iceberg. Car lorsque les micros se coupent, l'homme enfile une casquette de producteur à la tête de sa société, La Concepteria. A son actif, des grosses cartouches nommées Le grand frère, Tous ensemble ou Confessions intimes. Des émissions certes critiquées, mais qui restent des machines de guerre pour… l'empire TF1. Grâce à quoi? Au flair indéniable du quadra qui a habilement transformé le quotidien des gens en de véritables thrillers pour ménagères. Et à la témérité d'un gaillard qui, après son arrivée manquée d'animateur sur France 2, a redressé la barre tout en maintenant le cap d'une carrière télé multivoie.

En 2008, vous quittez TF1 pour Service maximum, en access prime time sur France 2. Une transition délicate?
Julien Courbet – Délicate!? Complètement ratée, oui! Je n'ai pas honte de le dire: on s'est trompé. Les études l'ont montré après coup: entre 17 et 20 h, au retour du boulot, les gens veulent être divertis, et non qu'on les bassine avec de la consommation ou des litiges. La bataille était perdue d'avance. Pour moi, ça a été un coup de massue, car je n'avais pas connu d'échec jusque-là. Je m'étais habitué au confort d'une émission qui marche bien (Sans aucun doute). Mais ça a aussi été salvateur. J'ai tout remis à plat en me disant "Bon, tu veux faire quoi?". Et j'avais envie de faire du divertissement… Ce n'est pas pour rien si j'ai entamé ma carrière télé en 1992, comme amuseur dans Ainsi font, font, font sous la houlette de Jacques Martin.

Sans aucun doute était une émission culte. Pourquoi la lâcher après 15 ans?
J'étais vanné. Pour continuer à produire une émission de qualité, on était devenus hyper-exigeants avec nous-mêmes. Parfois, on enregistrait une seule émission en plus de 8 heures d'affilée. Et puis, dans le même registre, je cumulais Ça peut vous arriver, sur RTL, mais sur un ton beaucoup plus souriant. J'étais devenu une sorte de Docteur Jekyll et Mister Hyde. Je prenais moins de plaisir à la télé. Je n'avais pas envie de tricher.

Beaucoup de téléspectateurs vous croient toujours sur TF1…
Pire! Récemment, dans la rue, on m'a encore dit "C'est dommage que vous ne fassiez plus de télé"! Certains téléspectateurs sont tellement attachés à une chaîne qu'ils ne vous voient pas la quitter. Sans aucun doute était devenu un gros paquebot. Et quand un paquebot veut s'arrêter, il lui faut plusieurs kilomètres pour freiner…

[…]

Que dites-vous à ceux qui vous reprochent de mettre en scène ou scénariser des émissions comme Le grand frère ou Confessions intimes?
Je le dis haut et fort: si un jour je vois un journaliste qui bidouille une situation ou un dialogue, je le vire sur-le-champ, peu importe ce que ça me coûte! Rien n'est mis en scène: nous filmons des gens qui l'ont accepté, et le montage fait le reste. Par contre, j'accepte le reproche de la théâtralisation. Parfois, on a trop appuyé les musiques dramatiques ou les grandes phrases du genre "Et maintenant, que va-t-il se passer?" alors qu'il n'y avait pas grand-chose derrière. C'était too much. Mais on a fait notre mea-culpa.

Honnêtement, si TF1 vous rappelle demain comme animateur, vous y retournez?
Demain, non. Pour l'instant, j'ai du travail sur France 2, ça fonctionne bien et ça me plaît énormément. Mais que ce soit TF1, M6 ou France 3, ma réponse sera la même: pourquoi pas? J'aime travailler, et je dois travailler. J'irai donc là où il y a du taf, comme tout le monde.

Sur le même sujet
Plus d'actualité