La langue bien pendue – La morale des banquiers

On ne parle pas assez des malheurs de nos banquiers. Je vous dis ça parce que je viens de lire un article déchirant : « Comment motiver les banquiers ? »

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D’après une enquête menée auprès de 300 patrons et hauts cadres de la finance européenne, figurez que nos grands banquiers européens n’ont pas trop le moral. Et pourquoi sont-ils ronchons, les pauvres chouchous ? Parce que, dès janvier 2014, leurs bonus seront plafonnés ! C’est le résultat d’une directive votée au Parlement européen : leurs bonus ne pourront plus dépasser deux fois le montant de leur rémunération fixe, alors qu’avant ils pouvaient aller jusqu’à cinq fois leur salaire fixe. Effectivement, ça fout le moral en l’air…

J’ouvre une parenthèse pour signaler que la plupart d’entre eux gagnent 30 fois mon salaire. Et donc ils chialent parce que leur bonus ne pourra plus faire que maximum 60 fois mon salaire !

Et ça, c’est très grave ! Parce que, d’après eux, ce plafonnement des bonus décidé par ces empaffés de députés européens va avoir un impact très négatif sur notre secteur bancaire. A cause de ça, les banques européennes vont avoir beaucoup de mal à recruter ou à retenir les meilleurs talents de la profession. On risque même d’assister à un exode des génies européens de la finance vers la place financière de Londres, vers les Etats-Unis ou vers l’Asie.

Je fais une autre parenthèse pour rappeler qu’il y a très peu de temps, au top du top de ces super-méga-talentueux du secteur bancaire, il y avait des gens comme Maurice Lippens et Jean-Paul Votron chez Fortis ou comme Pierre Mariani et Jean-Luc Dehaene chez Dexia. Qui bien sûr étaient irremplaçables…

Alors vous savez quoi, messieurs les banquiers ? J’ai une proposition : allez-y, aux Etats-Unis, à Londres ou en Asie ! Ne vous inquiétez pas : on fera avec. Ou plutôt sans vous. Je sais, au début, ça va être difficile de vous perdre, mais on s’en remettra. D’ailleurs, je ne doute pas une seule seconde qu’aux Etats-Unis ou en Asie, les patrons des banques n’espèrent qu’une chose : vous laisser leur place ! Par exemple, aux USA, je suis sûr que le boss de la Chase Manhattan Bank est déjà en train de suivre une formation de pâtissier parce qu’il sent bien que vous allez arriver et qu’il ne pourra pas lutter. Même chose en Chine, bien que là il va d’abord falloir apprendre le chinois, ce qui va vous faire dans les dix ans de cours intensifs. Mais à part ça, allez-y, ils n’attendent que vous !

Je ne sais pas pourquoi, Barbara, Thomas, mais rien qu’à l’idée de les voir partir, j’ai une de ces patates, moi !

Retrouvez chaque mercredi matin Vincent Peiffer dans La Langue Bien Pendue sur BEL RTL

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