La guerre des nerfs

Paris va-t-il brûler? Schlöndorff parvient à nous faire hésiter le long d’un huis clos passionnant défendu par deux formidables acteurs.

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Réalisé par Volker Schlöndorff. Avec André Dussollier, Niels Arestrup, Robert Stadlober – 84’. 

On connaît les difficultés de l’adaptation théâtrale. Resnais (récemment disparu) transcendait le texte d’une inventivité folle. D’autres grands comme Polanski, parfois, se cassent les dents sur l’écrit (Carnage) ou remportent de belles victoires (La Vénus à la fourrure), élevant en images sensuelles le pouvoir magique des mots. D’autres enfin ne se départissent pas de l’académisme, mais parviennent à tutoyer avec force et prestige l’œuvre originelle. C’est le cas de Volker Schlöndorff, adaptant la pièce de Gély autour du bras de fer terrible qui eut lieu entre le général von Choltitz et le consul Nordling la nuit du 24 au 25 août 1944. L’enjeu: rien moins que la destruction totale de Paris occupée! Pour cette discussion à couteaux tirés où Nordling va user de toutes les armes de la diplomatie (humour, séduction, grandiloquence, fraternité) pour éviter le pire, le réalisateur du Tambour n’a pas pris de risque en s’adjoignant les services des deux Rolls que sont Niels Arestrup et André Dussollier: les deux comédiens rodent leurs personnages depuis déjà 200 représentations au théâtre, et autant dire que leur duel sans merci ne souffre pas une seule fausse note. Ils sont tout simplement éblouissants. Schlöndorff renforçant encore cette impression par l’utilisation parfaite de son incroyable décor de palace et un timing jouant au plus juste avec nos nerfs. Une réussite!

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