La conquête

Ni pamphlet ni instrument pro-Nico, La Conquête relate avec justesse, humour et précision la manière dont Nicolas Sarkozy  s’y est pris pour dépasser ses poursuivants, sortant la tête plus ou moins haute de tous les pièges possibles et imaginables déployés par Jacques Chirac et Dominique de Villepin.

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S’il est rythmé et agréable à suivre, le récit fait cependant parfois penser à un long sketch des Guignols tant Denis Podalydès y donne trop souvent l’impression d’imiter Sarkozy plutôt que l’incarner.

Mention spéciale, par contre, à Bernard Le Coq, parfaitement mesuré en Chirac, à la fois fin stratège et amateur de Corona. Dans le même registre guignolesque, on regrettera aussi que La Conquête nous la joue un peu «liste de courses».

Toutes les expressions-maison, Le Président du pouvoir d’achat en tête, étant studieusement replacées sans pour autant apporter d’éclairage nouveau. Et c’est sans doute la principale différence avec le film Le Promeneur du Champ de Mars (2004) consacré à Français Mitterrand. Car ce dernier, mis en chantier une fois le Président socialiste à la pension, se donnait donc l’occasion d’un recul salvateur.

Que ne possède pas cette Conquête, premier film français consacré à un homme politique encore en exercice. Aucune révélation à l’horizon, donc. Mais bien l’instantané d’une époque (où Carla n’était pas encore enceinte et DSK pas encore soupçonné d’élargir le concept de room-service) et bon moment de cinéma. Ce qui n’est déjà pas si mal… – F.V. 

La conquête
Réalisé par Xavier Durringer (2010). Avec Denis Podalydès, Florence Pernel, Bernard Le Coq – 105'.

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