La Beat ne fait pas le moine

Une vibrante incursion dans la genèse et la jeunesse de la Beat Generation.

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Réalisé par John Krokidas. Avec Daniel Radcliffe, Dane DeHaan, Michael C. Hall – 103’. 

Un an après le propret Sur la route et le brillant Howl, le 7eart se penche à nouveau sur le phénomène de la Beat Generation et ses hérauts stellaires et provocateurs Allen Ginsberg, Jack Kerouac et William S. Burroughs. Nous sommes en 1944. Ginsberg entre à l’université Columbia et fait la connaissance de Kerouac et Lucien Carr, dont il tombe immédiatement amoureux. Féru de littérature, mais désireux d’envoyer promener l’enseignement de la vieille école, Carr veut vivre à fond les commandements libertaires de ses maîtres à penser comme Apollinaire. Porté par un élan fou de liberté, il initie le coincé Ginsberg aux drogues, au non-respect de la rime, au jazz, au sentiment si violent et pur d’être vivant. Mais son sourire charmeur cache une blessure douloureuse: l’incapacité de sortir d’une relation amoureuse toxique avec le professeur David Kammerer. Qui va tourner au drame.

Qui aurait cru que le porte-drapeau d’une jeunesse en quête d’idéaux nouveaux était né dans le sang? C’est pourtant cette histoire vraie que nous conte avec une maîtrise soufflante John Krokidas, tendant habilement son scénario malin entre le récit mortifère d’une passion destructrice, la quête d’absolu d’une bande de jeunes poètes et un rite de passage douloureux à l’âge adulte. Passant allègrement du film de campus avec ses excès, ses rires et sa subversion au polar noir d’ambiance, le cinéaste néophyte (mais peut-on vraiment croire qu’il s’agit là de son premier film?) réussit un coup de maître: il réalise le film à voir sur la Beat et sa vibration intime, sans didactisme pesant, avec la seule force d’une histoire passionnante jouée par des comédiens magnétiques, inoubliables.

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