La ballade de l’impossible (Norvegian Wood)

Tokyo, fin des années 60. Watanabe entame ses études universitaires, loin de Kobe, où il passait tout son temps avec Kizuki et sa petite amie Naoko. Mais Kizuki s’est suicidé, laissant la petite bande désemparée.

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Un jour, tandis que la révolte estudiantine gronde, Watanabe retrouve Naoko. La jeune fille n’est plus que l’ombre d’elle-même; elle n’a jamais pu oublier Kizuki, dont ils n’évoqueront d’ailleurs pas le nom durant ces dimanches qu’ils passeront ensemble, dessinant à deux cette ballade de l’impossible amoureux (quel joli titre français pour une fois!).

Tran Anh Hung s’empare de l’écriture mélancolique de Murakami qu’il adapte à la manière d’un peintre méticuleux des sentiments. Chaque cadre est une pure merveille et, bien loin d’enfermer ses personnages dans un formalisme esthétisant, nous bouleverse et génère des images obsédantes (comme ce couple, montré d’abord comme une tache noire sur la neige immaculée), hantées par le fantôme du défunt.

On pourrait y voir une variation de Jules et Jim, Hung réinventant le langage amoureux comme une suite de gestes aériens perdus dans les bruits de l’eau. Mais, chez ce cinéaste des traditions, on n’échappe décidément pas à son destin. C’est beau et triste comme l’insoutenable fragilité des êtres amoureux.

Les salles où ce film est à l'affiche

La ballade de l’impossible (Norvegian Wood)
Réalisé par Tran Anh Hung (2010). Avec Ken' Ichi Matsuyama, Rinko Kikushi, Kiko Mizuhara – 133'.

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