Kitty, Daisy & Lewis – The Third

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La famille Durham conjugue le passé au présent sur un bijou taillé par l'ex-Clash Mick Jones.

Kitty, Daisy et Lewis Durham ont la musique dans le sang. Maman (Ingrid Weiss) a joué avec The Raincoats, groupe de post-punk féminin jadis adulé par Kurt Cobain. Pour sa part, l’ingénieur du son Graeme Durham, heureux papa de trois surdoués, est le propriétaire des studios The Exchange où l’on croise régulièrement Etienne Daho, Calvin Harris ou The Chemical Brothers. "Depuis nos débuts, les parents jouent avec nous", raconte Daisy, l’aînée de la formation. "Mais ils ne sont pas à l’origine du projet. C’est nous qui les avons embrigadés. Eux, ils n’avaient rien demandé. Surtout, ils ne nous ont jamais poussés dans cette voie."

Précoce, le trio n’a pas encore achevé l’école primaire à l’heure de ses premiers concerts: des débauches de R&B chiné dans le grenier de Bo Diddley, de rock estampillé 1954, de blues désaxé et de country speedée à la colle Pritt. Quinze ans plus tard, les enfants ont grandi, mais leurs rêves demeurent intacts. "On a toujours le même mojo, assure Kitty. "Mais au départ, j’avais sept ans. Là, j’affiche la vingtaine. J’aborde la vie différemment, moins naïvement. Ma façon d’écrire des chansons s’en ressent." Pour façonner les titres de son troisième album "The Third", le trio a d’abord retapé un vieux restaurant indien dans le quartier de Camden Town: une planque idéale pour faire tourner les bandes analogiques. Ensuite, et pour la première fois de sa carrière, le groupe s’est entouré d’un producteur. "On a bossé avec Mick Jones", annonce Lewis. Après The Libertines, l’ex-guitariste de The Clash prend ainsi d’autres Londoniens sous son aile. "Il n’a pas interféré dans notre fonctionnement. Il a plutôt mis l’ambiance. Il sait comment exalter l’esprit d’équipe."

Kitty, Daisy et Lewis continuent ici de dépoussiérer la discothèque familiale. Du coup, le rock vintage a toujours la cote (Good Looking Woman) et Lewis dégaine encore son harmonica comme un cow-boy faisant siffler son flingue sur le toit d’une diligence (It Ain't Your Business). Plus que jamais, on voit aussi fleurir des tubes cuivrés (Baby Bye Bye), des mélodies bercées par le soleil jamaïcain. "On adore Desmond Dekker, The Skatalites et ces légendes associées à l’histoire du ska et du rocksteady. C’est aussi pour ça qu’on a bossé aux côtés de Mick Jones. Avec The Clash, déjà, il a rapproché les genres musicaux. Il est pour la libre circulation des sons." Une évidence pour ces trois musiciens sans frontières.

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