Kate et William : Qui veut flinguer le conte de fée?


Menaces d'embuscade et appel au désordre, les anarchistes anglais promettent un mariage raté. Folklore loufoque ou symptôme d'une vraie mauvaise humeur?

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Alors que nous nous interrogeons sur le comment du pourquoi de la dotation du prince Laurent, les Anglais comptent leurs sous. Ceux qui seront dépensés pour un mariage auxquels ils ne seront évidemment pas invités. Toujours au centre de ce paradoxe qui les lient aux Windsor dont ils aiment aussi se moquer, les Anglais regardent leurs impôts s'envoler dans l'organisation du mariage de William, prochain à monter sur le trône si Charles saute son tour – ce qui, jusqu'ici, n'est toujours pas décidé. Par tradition, le bon peuple d'Angleterre se réjouit de ces mariages de conte de fée qui font, l'espace d'un jour, ressembler Londres à un vieux dessin animé de Walt Disney.

La dernière fois que le pays avait littéralement explosé l'audience sur la scène internationale, c'était en 1981 lors du mariage des parents de William, Charles et Diana. Trente ans plus tard, le contexte, c'est le moins qu'on puisse dire, n'est plus le même. Le mariage de William et Kate tombe mal dans la conjoncture et il ne fera pas passer le plan d'austérité du gouvernement qui a poussé 500.000 personnes dans les rues de Londres le 26 mars. Licenciements, hausse des prix, réduction des allocations sociales, c'est l'ambiance dans laquelle se sont déroulés les préparatifs de la fête qui ont donné des crampes d'estomac à certains. Si les jeunes à crêtes, produits d'une politique tout aussi dure (celle menée par Margaret Thatcher), s'étaient donné rendez-vous le long du parcours nuptial de Charles et Diana, le chahut était resté bon enfant. Le mariage de Kate et William est, lui aussi, la cible du folklore punk qui, cette fois, rend très nerveux le service d'ordre.

Scotland Yard inquiet
L'événement qui, le 29 avril, placera Londres au centre de l'attention médiatique planétaire, a déjà inspiré quelques mouvements de foules dans la capitale. Marginaux, certes, mais suffisamment visibles pour inquiéter Scotland Yard. Appels à l'embuscade lors du cortège royal, recrutement de fauteurs de troubles, incitation au désordre, les signes de mauvaise humeur se multiplient et inquiètent les responsables du protocole. Les avertissements relayés par la nébuleuse anarchiste (incarnée par Chris Knight, sorte de Noël Godin local détesté par l'establishment et la gentry) sont donc pris très au sérieux. Loufoques ou non, ces menaces ne font qu'augmenter le niveau de paranoïa des services de sécurité déjà très stressés par le risque terroriste (Al Qaeda a fait savoir que ça l'intéressait!) planant sur l'heureux événement. L'un des mots d'ordre de la base subversive: s'attaquer au bon déroulement de la messe à l'abbaye de Westminster. On ose à peine imaginer l'état de relaxation des jeunes promis au moment de dire "Oui".
Sébastien Ministru

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