Karl Hyde – Edgeland

Le vétéran de la scène techno s'offre une parenthèse solo mélancolique. Brillant.

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Le 27 juillet 2012, près d’un milliard et demi de téléspectateurs découvraient la musique originale qu’Underworld avait composée à la demande du metteur en scène Danny Boyle pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques.

Quelques jours plus tard, le duo électro anglais formé de Karl Hyde et de Rick Smith annonçait une pause sabbatique pour se consacrer à des projets personnels. "Même si notre participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux constitue l’un des sommets de notre carrière, il n’y a pas eu un lien de cause à effet avec notre décision de mettre entre parenthèses Underworld",explique Karl Hyde, 54 ans. "Depuis le succès de notre album "Second Toughest In The Infants" en 1996, nous n’avons cessé d’enchaîner enregistrements et tournées. Malgré notre âge, nous pensons encore avoir de belles choses à faire avec Underworld, mais nous voulions nous aérer quelque peu."

Alors que Rick Smith signe le soundtrack du nouveau film de Danny Boyle Trance, Karl Hyde signe son premier album solo, "Edgeland", qu’il a enregistré dans sa maison de Romford, au nord-est de Londres.

Influencé par la musique ambient de Brian Eno, "Edgeland" est un disque d’électro apaisant, à l’écriture dense, profondément mélancolique et urbain dans ses thématiques. Si on est très loin de Born Slippy ou de Rez, les hymnes raves que Karl Hyde a pris l’habitude de chanter en clôture de Werchter ou de I Love Techno, "Edgeland" ne déroutera pas pour autant les vrais fans d’Underworld. "Sur chaque album d’Underworld, il y a des chansons plus apaisées et construites davantage dans la tradition du songwriting. Seulement, nous ne les interprétions jamais sur scène."

Passionné de photographie (il poste un cliché par jour sur son site karlhyde.underworldlive.com), d’art contemporain, de littérature et d’expériences inédites, Hyde réunit un peu toutes ses passions sur "Edgeland".

"J’ai eu la chance de collaborer avec Brian Eno à l’occasion d’une série de concerts This Is Pure Scenius qui étaient basés sur l’improvisation et la création instinctive. C’est Brian qui m’a poussé à garder toujours à côté de moi un carnet et à noter toutes les idées qui me passaient par la tête. L’autre influence majeure d’"Edgeland" est la trilogie berlinoise que David Bowie a réalisée avec Brian Eno, le disque "Low" en particulier. Je vais partir en tournée pendant un an avec "Edgeland". Je reviens à des salles plus intimistes comme l’Ancienne Belgique où j’ai joué pour la première fois avec Blondie comme guitariste au début des années 90. Ces concerts me donneront aussi l’occasion de chanter sur scène des morceaux d’Underworld auxquels le public ne s’attend peut-être pas."

 

 

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