Justin Timberlake – Crooner de l’ère Twitter

Hipster de luxe, ex-chanteur à gamines, il pousse tout le monde sur son passage. Sous le smoking: un double album, "The 20/20 Experience", un double concert à Anvers et le nouveau film des frères Coen.

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Quand on le regarde, on voit encore le petit garçon qu'il a été. Poli, gentil, bien éduqué et jamais le dernier à table pour finir son bol de lait. Quand on le regarde, on oublie que cet ex-gamin devenu sexe-symbole, élevé dans une famille où le grand-père a fait de la foi son métier (il est pasteur baptiste), est à l'origine l'un des plus spectaculaires et incompréhensibles scandales de l'histoire de la télé américaine.

Pour rappel, en 2004, à la mi-temps du Superbowl, au plus fort du pic d'audience (140 millions de téléspectateurs), Justin Timberlake arrache un morceau du costume de Janet Jackson dévoilant le sein de la chanteuse. Ce bout de peau rebondi, quelques centimètres carrés de parfait non-érotisme exhibés de manière fugace, a failli coûter sa réputation au chanteur, jusque-là considéré comme le petit fiancé de l'Amérique – prude et puritaine. Mais l'Amérique – prude et puritaine – n'est pas à une hypocrisie près, elle qui, deux ans plus tard, lui ouvre grands les bras pour accueillir un deuxième album solo dont le titre, "Future Sex/Love Sounds", annonce relativement bien la couleur. Une collection de morceaux R&B au son érotico-métallique à travers laquelle, à grands coups de "Dis-moi comment tu aimes le faire?" et de "J'ai plein de meufs sexy à mes pieds", on découvre un garçon légèrement plus dans l'air du temps que celui que Disney avait bien voulu vendre aux familles quelques années plus tôt.

Car l'aventure showbiz de Justin Timberlake commence en 1993 au Mickey Mouse Club, émission pour gastronomes en culottes courtes diffusée par Disney Channel. Il a 12 ans et opère aux côtés de Britney Spears, Christina Aguilera et Ryan Gosling. Des enfants qui, dressés pour jouer, poursuivent une tradition de l'entertainment américain dont le doigt céleste désigne, de Judy Garland à Michael Jackson, les élus dès leurs premiers pas. C'est toujours dans l'émission de Mickey que Justin rencontre JC Chasez avec qui il sera recruté par l'imprésario des Backstreet Boys pour former N'Sync, boys band blanc dont les premiers disques et les premières prestations ne laissent augurer rien de bon pour un adulte normalement constitué, le groupe se contentant de délivrer la routine habituelle dans le créneau pop bubble-gum, chorégraphies athlétiques et déclarations love à l'intention des fans et des familles.

27 millions de followers

On ne fera pas l'idiot et on l'avouera: indifférent aux prestations de N'Sync (nous sommes en 1995), on ne remarquera jamais la tétanisante coupe Studio Line (surlignée par une épouvantable coloration jaune canari Titi) et encore moins le talent de danseur de Justin Timberlake. Un don qui, si les gérants officiels du mausolée Jackson l'autorisaient, pourrait être comparé à celui de l'inventeur du moonwalk. Héros de l'ère people trash, Justin – 27 millions de followers sur Twitter – est bien évidemment poursuivi par les paparazzi… C'est le moins que la presse puisse faire pour une star de ce niveau qui s'est, successivement, affiché avec Britney Spears (rencontrée là où l'on sait), Cameron Diaz (avec qui il a formé un couple adoré des magazines féminins) et Jessica Biel (mariage toujours en cours). Pour couronner le tout, l'ange blond se double d'un businessman qui, à 32 ans, n'est pas là pour faire joli dans le décor.

Les bénéfices engrangés dans ses deux secteurs principaux (musique et cinéma), ses activités complémentaires (contrat avec Givenchy pour les campagnes de pub du parfum Replay,  partenariat négocié avec la Professionnal Golfers' Association of America, l'homme étant un as du golf) sont réinjectés dans le circuit afin d'augmenter le chiffre d'affaires: participation dans le rachat de Myspace, lancement d'une ligne de vêtements et d'une marque de tequila…). Ainsi, si l'on en croit des sources qui valent ce qu'elles valent, l'entreprise Timberlake aurait gagné 80 millions de dollars en 2012.  

Sur la musique, les choses sérieuses ont commencé avec ce fameux "Future Sex/Love Sounds", ….

La suite dans le Moustique du 6 novembre 2013

Ecoute intégrale de 20/20 de Justin Timberlake

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