Julien Doré: « Je veux ramener de la poésie dans le quotidien des gens »

De Nouvelle Star à Chou Wasabi, de Moi, Lolita à la Victoire de l’artiste masculin de l’année, en passant par Bichon, il a réinventé la chanson française populaire et nous séduit un peu plus à chaque disque. à l’occasion de la sortie de Løve Live, rencontre exclusive.

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Cette interview de Julien Doré, nous l'avions sollicitée bien avant la cérémonie des Victoires de la musique qui l'a consacré artiste masculin de l'année ce vendredi 13 février.

Et pour plusieurs raisons. Parce qu'à Moustique, nous avons été, dès le début, bluffés par l'audace ce jeune homme looké comme un Jésus-Christ des temps modernes qui ose convier dans un même élan naturel l'accordéon d'Yvette Horner et la plume de Dominique A sur le même enregistrement. Parce que, aussitôt échappé du télé-crochet Nouvelle Star,il a imposé sa différence et son humilité sans jamais faire son malin. Parce que avec "Løve" – on parle de l'album mais aussi de la tournée désormais immortalisée dans un CD/DVD tout en contrastes -, cet auteur-compositeur a encore élevé son degré d'exigence pour signer un trip poétique magistral.

Julien Doré nous avait initialement donné rendez-vous à Bruxelles. Mais sa consécration aux Victoires de la musique a entraîné quelques changements dans son planning et c'est à Paris que nous l'avons rencontré. Et quand on vous disait qu'il ne fait pas son malin, c'est en scooter que Bichon est arrivé un quart d'heure à l'avance et qu'il nous a quittés tout aussi anonymement pour filer vers les studios de Canal + et son Grand Journal. Et c'est encore lui qui, au moment de se dire au revoir, nous a remercié "d'avoir fait le déplacement" en nous promettant "de revenir en Belgique d'ici la fin de la tournée". Et cette promesse, on est sûr qu'il la tiendra.

Comment avez-vous fêté votre Victoire de la musique?

Julien Doré – Il n'y a pas eu de party. La soirée des Victoires s'est déroulée le vendredi 13 février au Zénith de Paris et le lendemain on jouait à Tours. Le bus nous attendait dans le parking de la Villette, à côté du Zénith. J'étais là avec mes musiciens, la Love Team comme je l'appelle. Après la cérémonie, nous sommes tous montés dans le bus, on a roulé de nuit et on s'est réveillés tôt le matin dans les rues de Tours. Avec une saine fatigue et une envie de réussir un bon concert. Le timing était parfait. C'était vraiment chouette de se retrouver face au public juste après cette Victoire.

Malgré la concurrence de Calogero et Johnny Hallyday, c'est votre nom qui est sorti de l'enveloppe. C'est facile de retomber sur ses pattes après une telle émotion et de repartir dans son bus?

J.D. – Oui, c'était très facile de remettre les pieds sur terre, car je ne suis pas monté très haut. Pendant toute la cérémonie, j'étais aux côtés de mes musiciens. Je les connais depuis plus de dix ans. Nous avons fait trois albums et trois tournées ensemble. On a partagé beaucoup de choses. Il y avait aussi des gens de ma firme de disques. Donc, aux Victoires, j'étais dans un "truc" musical, dans mon métier, dans ma passion. Ce n'était que du bonheur, mais un bonheur humble à dimension humaine. Et puis, même si ça fait plaisir à mon ego, je n'ai pas trop l'habitude de "décoller" ou de me perdre dans ces moments-là. Après les Victoires, il y avait une fête avec tous les gens du business. Moi, j'ai repris le bus avec mes musiciens pour aller chanter. J'étais à ma place, quoi…

Retrouvez l'interview de Julien Doré dans le Moustique du 25 février 2015.

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