José Garcia: « Je suis un miraculé »

De Nulle Part Ailleurs à La vérité si je mens 3, qui sortira la semaine prochaine, il passe sa vie à nous faire marrer. Merci monsieur. C'est bien utile.

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Vous connaissez un peu la Belgique.
José Garcia – Oui, super-bien. En fait, j’ai fait mes premiers courts métrages ici avec Olivier Van Hoofstadt (Dikkenek). Il y a quatorze ans de cela. Et puis, je suis souvent revenu pour tourner: Le couperet, Le vélo de Ghislain Lambert avec Poelvoorde et Chez Gino qu'on a tourné dans les alentours de Bruxelles. J’adore venir travailler en Belgique.

Rempiler pour un troisième épisode de La vérité si je mens, c'était une évidence?
Oui. Parce que c'est important pour moi. C'est le film qui m'a révélé au cinéma. On ne tourne pas le dos à ça. Et franchement, je crois que c’est le plus réussi des trois. On en parlait depuis longtemps entre nous. Mais on craignait la ringardise, de faire un truc réchauffé. On a évité ça grâce aux auteurs qui ont repris l'ambiance des deux premiers films. Mais ils ont créé une belle surprise à l'intérieur…

Aujourd'hui, vous êtes un acteur de cinéma. Mais j'imagine qu'on vous parle encore de l'époque Nulle Part Ailleurs sur Canal Plus avec de Caunes?
Ah oui, ça reste. Et j'aime ça parce que c'était des années incroyables. Vous savez, ce sont des instants de grâce qui arrivent comme ça. Et qu’il ne faut surtout pas essayer de retrouver, d’ailleurs. On a arrêté depuis quinze ans et les gens m'en parlent toujours autant. Mais c’est bien! Je trouve que c’est formidable de marquer les gens.

Et ça ne vous ennuie pas qu'on vous en parle encore quinze ans après?
Mais pas du tout. Moi, quand on m’appelle Robert le Miraud ou Simone Claude, ça m’éclate. Parce que je vois que les gens ont aimé ça. Et qu'ils se marrent encore aujourd'hui en regardant les DVD. Les gens ont besoin de s’éclater. Moi, je m’en fous qu’on m’appelle par les noms de mes personnages. L’important, c’est qu’on m’appelle.

Vous semblez toujours content de tout?
Oui, c'est vrai. Vous savez, mes parents sont arrivés de Galice sans un sou. Ils ont quitté leur pays pour trouver une nouvelle vie. Ça en demande du courage. Ensuite, ils sont devenus gens de maison à Paris. On habitait dans une chambre de bonne au dernier étage. Vous avez vu ma vie aujourd'hui? De quel droit je me plaindrais? Je suis un miraculé, hein!

Vous expliquez souvent qu'au début de votre carrière, ce fut une immense galère de dix ans. Qu'est-ce qui vous a poussé à traverser ces années sans douter?
Mais j'ai douté. Et pas qu'un peu. Évidemment que j’ai eu des tonnes d’angoisse, des tonnes de craintes, de peurs, de trucs terribles. Parce que quand vous êtes tout le temps dans l'échec, vous finissez par croire que vous n'êtes bon à rien. Et puis, il y a eu cet instant de grâce que fut mon entrée à Canal. Je trouvais un job fixe. Et cet instant de grâce continue. C’est pour ça que je suis toujours content de tout. Il y a des gens autour de moi qui me disent: "On dirait un caniche, t'es tout le temps content. C'est étrange." Et moi je leur réponds: "Putain, si moi je ne suis pas content, qui peut l’être?" Quand vous êtes un miraculé, vous ne pouvez qu'être content. Quand vous passez à côté d’un infarctus, votre façon de voir la vie change complètement. Eh bien moi, c'est comme si j'étais passé à côté de l'infarctus.

Vous vous rappelez ce qui vous a décidé à faire ce métier?
J’ai fait ce métier pour deux raisons. D’abord pour être aimé. Et puis, pour un truc qui vient de mes parents. On habitait dans cette petite chambre de bonne et on regardait des films de Louis de Funès. Et pendant deux heures, on était heureux. Rien qu’au générique déjà on s’extrayait de la chambre, on allait vivre au soleil, une aventure, il y avait un bonheur, on allait se coucher heureux. C'est quelque chose qui m'émeut encore. Parce que lorsqu'on revient dans les salles après les projections de La vérité si je mens, on voit des gens avec le sourire. J’ai fait ce métier pour ça. La joie des gens. Et quand ils sortent heureux d’un film, putain que c’est bon!

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