Johnny English, le retour

"Mr. Bean, c’est fini", a récemment déclaré Rowan Atkinson au journal The Australian, qui a joliment titré le scoop: "L’Anglais Rowan Atkinson fait de Mister Bean un has been".

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C’est sans doute que Mister Bean, bien que n’ayant quasi pas le moindre rapport avec lui, a le même problème que le lieutenant Columbo: le personnage a largement dépassé la fiction et a grignoté, jusqu’à le faire disparaître, le nom de l’acteur qui l’incarne. À la façon de Frankenstein, la créature s’est échappée de l’écran pour bouffer tout cru son créateur. C’est que le grand public s’est habitué à lui et se l’est approprié. Bien aidé, il faut le dire, par Atkinson, l’acteur, le vrai, le type en chair et en os, progressivement "devenu" Bean avec la complicité d’un public conquis.

Bean, pour ceux qui habiteraient sur une île déserte sans connexion wi-fi, c’est une série comique anglaise diffusée dans les années 90, mettant en scène une espèce de personnage mal dégrossi, très égoïste et maladroit. La caricature du type solitaire gaffeur drôlement méchant (on n’est jamais loin d’un cartoon à la Tex Avery), mais surtout méchamment drôle. La série a fait un carton et l’on s’étonne d’ailleurs, tant il fait partie de l’inconscient collectif, que Bean n’ait connu à la télé que 14 épisodes de 25 minutes.

On en soupçonnerait Atkinson, homme aux antipodes de son personnage par son raffinement et son intelligence, d’avoir tout tenté pour faire disparaître ce Bean devenu trop encombrant. Les preuves l’accablent. Il en tire d’abord une version cinéma, où il édulcore déjà le personnage pour le rendre politiquement correct.

Mais comme Atkinson continue de se "beanifier" avec l’âge, reprenant, malgré lui, les tics enfantins de son personnage dans quelques apparitions ciné comme Love Actually, il décide d’aller plus loin en abandonnant Bean, comme certains le font avec leurs animaux de compagnie. Et cela au profit de Johnny English, parodie ratée de James Bond. Dont ce deuxième épisode a le goût du Coca Zéro dans une pinte de Guinness. Un vrai poison qui tue dans l’œuf toute velléité comique! C'est dommage des fois, la vie…

Johnny English, le retour
Réalisé par Oliver Parker (2011). Avec Rowan Atkinson, Gillian Anderson, Dominic West – 96'.

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