Jeronimo – Zinzin

Nous pensions avoir perdu définitivement Jeronimo et sa pop belgo-belge version ligne claire lorsqu'en janvier 2010, Jérôme Mardaga annonçait publiquement la mort de son groupe. "J'étais surtout lassé des tournées. Je n'étais plus motivé, l'enthousiasme s'était éteint. Avec le recul, je me dis que j'ai un peu fait ma diva."

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Assez paradoxalement, Mardaga n’a jamais fait autant de musique depuis, mais pas pour lui. "J’ai produit un disque pour Marc Dixon, j’ai pas mal fricoté avec l’équipe du label Freaksville de Benjamin Schoos, j’ai joué comme guitariste pour les autres et j’ai même bidouillé un disque instrumental qui ne verra sans doute jamais le jour. C’est lors d’un voyage en Italie, en bordure du lac de Garde, où mon frère habite, que j’ai eu le déclic. Une chanson est venue, puis une deuxième, une troisième"

De retour en Belgique, Jérôme reprend les plumes de Jeronimo et enregistre seul dans une église de Fize-le-Marsal ("un village de 600 habitants au sud de Liège où sont enfouis mes souvenirs d’enfance"). Un lieu propice à l’introspection et à l’emphase acoustique, deux caractéristiques qui transcendent "Zinzin", ce nouvel album que plus personne n’espérait.

Entre surréalisme décalé (John Lennon s’est suicidé, Elle s’en va tuer un homme), tendre moquerie (Paris petite conne), fantasmes ados (Le vendredi aux écuries), belgitude assumée (le très dylanien Irons-nous voir Ostende?, La mort de Frank Vandenbroucke), Jeronimo signe un album de pop chatoyante avec une acidité et un plaisir retrouvés. "Je me pose moins de questions existentialistes qu’avant et je suis plus direct dans mon approche. Je viens d’avoir quarante ans. Je ne sais pas si c’est la maturité. Mais, c’est sûr, je suis plus heureux qu’en 2010 et prêt à en découdre sur scène."

 

 

Jeronimo
Zinzin
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