Jean-Claude Defossé « Je suis une très bonne affaire »

A 73 ans, il repique à l'enquête journalistique. Pour RTL-TVI. Et le plus surpris... c'est lui! Rencontre dans la tanière d'un ours goguenard, pile-poil entre la tour RTBF et la RTL House.

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En nous ouvrant la porte de sa maison schaerbeekoise, Jean-Claude Defossé a déjà l'œil qui frise. Celui d'un jeune septuagénaire tout épaté d'entamer un nouveau chapitre de sa vie professionnelle. Et surtout de renouer avec le métier de sa vie, le journalisme d'investigation, après une parenthèse politique de cinq ans comme député Ecolo qu'il veut oublier au plus vite.

S'il a fait les beaux soirs de l'info RTBF pendant 37 ans, c'est pourtant RTL-TVI qui a eu le nez fin de le remettre en selle. Car la popularité de Defossé est intacte. En témoigne le buzz autour de l'annonce de son arrivée à RTL-TVI. Car l'homme a aussi une sainte horreur de l'inactivité. Il avait bien repris ses pinceaux et enquillé neuf tableaux depuis son départ d'Ecolo, mais le vieux lion n'allait pas tarder à s'emmerder. Dans sa maison aux murs tapissés de ses tableaux tantôt iconoclastes, tantôt "anti-religieux", le traqueur fantasque des Grands travaux inutiles et ex-figure de Questions à la Une raconte ce nouveau virage d'une carrière bien remplie.

Votre arrivée sur RTL-TVI a provoqué un sacré buzz. Comment vous l'expliquez?

Jean-Claude Defossé – Je n'explique rien! La question est surtout: pourquoi est-on venu me chercher moi, vieille couille de 73 ans, pour redynamiser le reportage d'investigation en 2014? Quand Georges Huercano, ex de la RTBF et actuel directeur des magazines de RTL-TVI, m'a invité au resto pour me faire cette proposition, j'en suis presque tombé de ma chaise.

Georges Huercano est un de vos amis?

J.-C.D. – Non. Il ne fait pas partie de mon cercle privé. A la RTBF, moi je travaillais à Bruxelles, lui à Charleroi pour Au nom de la loi. On s'observait. Mais c'est un type que j'estime. Un journaliste de qualité qui a notamment réussi, par sa rigueur et ses enquêtes, à retourner l'affaire de pédophilie d'Outreau. Seul contre tous.

Dès le départ, la direction de RTL-TVI vous a mis la proposition sur la table?

J.-C.D. – De me faire bosser pour RTL-TVI, oui. Mais ils me voyaient d'abord animer Controverse! Je leur ai répondu: "vous êtes tombés sur la tête". Car primo, cela aurait été tous les dimanches. Secundo, animer un débat politique, ce n'est pas du journalisme comme j'aime. Ç'aurait été le bagne. Ensuite, ils ont évoqué un magazine mensuel, rythme que j'ai estimé trop lourd, et j'ai donc refusé. Finalement, on est tombés d'accord pour trois magas événementiels par an. J'ai un contrat de neuf mois. Pour commencer.

Et vous en êtes où?

J.-C.D. – Il y aura un premier numéro avant la fin de l'année. Je commence à noircir la page blanche d'un premier scénario. Mais les sujets sont top secret. Tout ce que je peux dire, c'est que ce sera en ligne avec ma démarche et ma méthode affinées pendant 37 ans à la RTBF. C'est d'ailleurs pour ce savoir-faire qu'on me recrute. Ils se sont dit: on va aller chercher le vieux con tant qu'il n'est pas encore trop ramolli du ciboulot. Et en plus il est libre (rires). Côté contenu, je passerai à la loupe les problèmes de société qui sont des cailloux dans les godillots de la Belgique. Avec un regard franc, toujours neuf, politiquement incorrect.  

Vous avez fixé des conditions?

J.-C.D. – Le deal est qu'on me donne le temps de travailler. J'ai aussi obtenu une liberté de ton et éditoriale totale et que mon émission ne soit jamais face à Questions à la Une, mon ancienne cantine. Par fair-play amical.

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