Jamie Bell: Le garçon qui voulait faire Tintin

Le monde l'attend en reporter belge. Pour patienter, il fait l'esclave dans The Eagle, péplum body viril.

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"Même si je suis ici pour évoquer The Eagle, on ne me parle que de Tintin et le Secret de la Licorne qui ne sortira qu’en fin d’année (le 26 octobre – NDLR). Mais je
m’y attendais un peu", sourit Jamie Bell. Il sait que son personnage dans The Eagle, l’esclave d’un guerrier romain qu'il incarne brillamment, ne marquera pas aussi durablement sa filmographie que le reporter à la houppette. "Je me demande même si vous seriez venu jusque Los Angeles pour me rencontrer si je n’incarnais pas le héros de Hergé." C'est pas dit…

Le distributeur de The Eagle a bien choisi son moment, profitant du buzz autour de Tintin pour vous faire parler de son film.
Jamie Bell – Ce serait idiot de le nier. Pourtant, The Eagle vaut aussi la peine que l’on en parle, je vous jure! (Rire.)

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Le gros morceau pour vous, cette année, sera la sortie de Tintin
Oui. Je vais incarner une véritable icône, du moins pour l’Europe en général et la Belgique en particulier. Je connaissais les albums avant de me lancer dans l’aventure. Et je me demande si c’était finalement une bonne chose. C’est un défi de donner vie à des personnages de papier. Il fallait innover tout en restant respectueux et honnête vis-à-vis du matériau de base. Steven Spielberg a choisi la motion capture (voir encadré) pour réaliser Tintin, car c’était le meilleur moyen de s’assurer du maintien de l’intégrité artistique de Hergé.

Ses ayants droit vous ont-ils suivi de près?
Ils se sont surtout fort impliqués en amont du tournage. Durant les prises de vues, honnêtement, je ne crois pas qu’ils aient beaucoup interféré. Je suis d'ailleurs très heureux qu'ils ne m'aient pas mis la pression en direct. C'était déjà un rôle assez complexe à préparer comme ça!

Pourquoi?
Parce qu’on ne sait rien de son passé, de ses amis, de sa famille, de son âge, même! Quand j'entre dans la peau d’un personnage, j’aime soit inventer son passé comme dans The Eagle, soit puiser dans ma propre expérience comme dans Billy Elliot, puisque je viens d’une famille de danseuses, que j’ai dansé très jeune, et que j’ai dû cacher ça à mes camarades d’école pour éviter leurs moqueries. Rien de tout ça avec Tintin. J’ai renoncé à savoir qui il était vraiment. J’ai donc plutôt cherché à savoir en quoi ses histoires me plaisaient. Pour transmettre au mieux mon enthousiasme.

Comment avez-vous préparé le rôle?
J’ai rencontré des tintinologues belges, qui m’ont longuement parlé de l’univers et de l’évolution de leur idole. Je me suis intéressé à Hergé en lisant des biographies. Je connais donc aussi les faces plus sombres de l’existence de Georges Remi, et notamment ses liens ambigus avec la presse aux mains de l’occupant allemand durant la Seconde Guerre mondiale. Mais, au-delà des polémiques, ce que j’adore chez lui, c’est son empreinte artistique sur la bande dessinée et son découpage presque cinématographique, digne d’une superproduction. Spielberg s’est d’ailleurs parfois juste basé sur la BD en guise de script, tant chaque case ressemble à une image de film.

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