Jacqueline Galant: « Il n’y a pas d’erreurs de chiffres. On m’a caricaturée »

Flinguée dès son début de mandat, la ministre de la Mobilité fait le point sur son parcours et surtout sur ses amnitions pour une SNCB toujours dans la tourmente. Pourtant, ce réseau à la réputation catastrophique n'est pas forcément plus délingué que ceux de nos voisons.

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Ses premiers pas au ministère de la Mobilité furent plutôt galère pour Galant. Moquée pour sa communication défaillante (elle refuse de parler d'"erreurs") autour des chiffres du Thalys wallon et des économies de la SNCB, elle est rapidement devenue une des cibles favorites des chroniqueurs belges. C'est sans doute le pendant négatif de son côté fonceuse qui se moque du qu'en-dira-t-on. Son côté locomotive, disons. Sûre d'elle, apparemment très convaincue d'avoir la solution. Elle incendie ses prédécesseurs. Franc-parler salutaire ou gâchette un peu facile? En tant que clients de la SNCB, on doit en tout cas reconnaître que cela fait du bien d'entendre un ministre qui tape du poing sur la table et tonne que "ça ne peut pas continuer" comme ça. Nous avons voulu donner la parole à cette jeune quadragénaire, qui attire sur elle à la fois les quolibets et les espoirs de changements. D'ailleurs, ça n'a pas été si simple…

"J'adore courir" , nous dira-t-elle quand on l'interroge sur ses loisirs. On la croit sans peine. Cela fait des semaines que l'on poursuit son attachée de presse pour une interview. Face à notre insistance, un créneau est enfin trouvé dans son "agenda de ministre". Le jour J, elle repousse de quelques heures… C'est à peine si on ose y croire quand on lui serre enfin la main dans son grand bureau tout vitré, au pied de la tour du Midi. L'accueil est plutôt froid. On met ça sur le compte du fait que Moustique, par la voix de ses chroniqueurs ou simplement dans l'actu, ne l'a pas épargnée depuis sa prise de fonctions. Qu'à cela ne tienne: voici l'occasion pour elle de donner sa vision des choses à nos lecteurs.

Car, en définitive, on connaît mal Jacqueline Galant. Ce que l'on sait, c'est qu'elle est une femme politique "née". Si on osait, on dirait qu'elle a ça dans le sang. Son père, Jacques Galant, a été bourgmestre de Jurbise pendant 20 ans avant de lui céder le maïorat. Il connaissait tout le monde, dans cette petite commune de 10.000 habitants. Et sa fille aussi car depuis l'enfance, Jacqueline suivait Jacques partout, au point qu'on la surnommait "le petit maïeur". Ce sens du contact, son amour du terrain, c'est sa fierté. Son dévouement à ses mandats (de bourgmestre, de ministre) est total. Elle ne prend jamais de vacances. Sa vie, c'est son boulot. "Je n'ai pas d'enfant et je ne suis pas en couple. Mais il n'est pas trop tard", sourit-elle. En attendant, elle entend gérer en "bonne mère de famille" une SNCB au bord du gouffre.

Vos débuts comme ministre ont été mouvementés. Comment allez-vous?

Jacqueline Galant – Très bien! (Rire.) Ce sont des matières passionnantes, qui concernent le quotidien des citoyens, que ce soit la route, le train ou le ciel. Ça donne l'énergie de faire de son mieux.

Dans une mise au point sur vos fameuses "erreurs" dans les chiffres au Parlement, vous avez dit que grâce à vous, au moins, les humoristes avaient réussi à faire rire les gens coincés dans les bouchons. Plus sérieusement, ça vous a blessée?

J.G. – Blessée, non. Mais c'est interpellant parce qu'en fait tout le monde sait que ces chiffres sont corrects. Que ce soit pour le Thalys wallon, pour les économies de la SNCB, c'est vraiment l'interprétation que l'on en fait. J'ai rappelé à l'ordre le ministre-président du gouvernement wallon (Paul Magnette – NDLR), en lui disant qu'il avait été ministre en charge de la SNCB et que les méthodes de calcul n'avaient pas changé. Il savait très bien que les chiffres étaient bons. Il n'y a jamais eu d'erreurs par rapport à ces chiffres, on m'a caricaturée.

Pas blessée, mais agacée, donc?

J.G. – Un peu agressée. On ne laisse pas aux gens le temps de montrer ce qu'ils peuvent faire. On ne peut peut-être pas comparer une commune à un ministère, mais ça fait plus de dix ans que je gère Jurbise… On est entourés de communes socialistes et Jurbise est la seule qui ait des finances tout à fait saines. Pour moi, un euro, c'est un euro. Qu'on soit bourgmestre ou ministre, c'est la même façon de gérer l'argent et je l'ai toujours géré en bon père de famille, en bonne mère de famille plutôt, dans l'intérêt de tous.

Retrouvez la suite de l'interview dans votre Moustique du 6 mai 2015.

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