Jack et la mécanique du coeur: A cœur ouvert!

Quelque part entre Tim Burton, Georges Méliès et Lewis Carroll, Mathias Malzieu, grand enfant volontiers saltimbanque et face chantante du groupe de rock français Dionysos, a installé son petit monde à lui.

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Onirique, monstrueux, parfois drôle mais souvent joliment triste. Il signe un premier film à l’univers aussi foutraque et charmeur que dans ses disques et ses bouquins. On le sait depuis le livre La mécanique du cœur (2007): Jack vit donc avec une horloge à la place du cœur. Avec consigne absolue de ne pas toucher à ses aiguilles, ne pas se mettre en colère, et surtout ne pas tomber amoureux. Mais l’arrivée de Miss Acacia va venir bouleverser ces règles de vie.

 

Mélange subtil de dessins, d’images en noir et blanc, et d’une sublime séquence entièrement réalisée en origami, ce conte à la fois décalé et poétique nous immerge complètement dans l’imaginaire d’un créateur plus que prolifique. Auteur de six livres, de sept albums et maintenant d’un film, Mathias Malzieu ne se définit d’ailleurs plus comme un "musicien qui entretient de petits projets sur le côté. Mais bien comme un artiste multimédia. Au début, j’étais déjà tellement heureux de pouvoir sortir des disques avec Dionysos que je me suis concentré sur l’aspect musical de ma carrière. Mais, depuis la sortie de mon premier livre, 38 mini-westerns (avec des fantômes)en 2003, qui approfondissait l’univers tissé par nos disques, j’ai senti à quel point la musique et l’écriture étaient complémentaires pour moi. J’ai donc poursuivi sur cette double voie. Dans cette logique, le cinéma est venu naturellement, lui aussi".

Hormis une fin un peu abrupte et légèrement bâclée, on a adoré ce tourbillon d’idées qui n’exige pas, bien au contraire, de laisser son imaginaire de gamin au placard. Et rien que ça, par les temps formatés qui courent, c’est déjà précieux. – F.V.

 

> JACK ET LA MECANIQUE DU CŒUR, réalisé par Mathias Malzieu et Stéphane Berla – 102’.

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