Iron and Wine: Du vin et du folk (écoute intégrale)

La guitare, la chemise de sudiste, la voix engourdie par les voyages, Samuel Beam correspond poil pour poil au songwriter folk de base. Méfiez-vous des apparences, car ce que propose la tête pensante de Iron & Wine ne se réduit pas à un banal grattage de cordes autour d'un feu de camp.

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La guitare, la chemise de sudiste, la voix engourdie par les voyages, Samuel Beam correspond poil pour poil au songwriter folk de base. Méfiez-vous des apparences, car ce que propose la tête pensante de Iron & Wine ne se réduit pas à un banal grattage de cordes autour d’un feu de camp.

 En une dizaine d’années, le prof de cinéma qui se contentait de quelques compositions fragiles dans sa chambrette a pris rapidement du galon, adopté presque malgré lui par le label Sub Pop. Depuis lors, il a écrit, produit et interprété une pléiade d’EP, promené sa carcasse à travers le globe, prêté ses morceaux à divers films et séries, créé ses pochettes, réalisé des vidéos, collaboré avec les talentueux Calexico et, en attendant la tournée suivante, s’est permis d’expérimenter les joies de la paternité. Cinq fois.

 Malgré cette effervescence, Beam et ses acolytes sont toujours demeurés au rang des références discrètes. Il aura fallu attendre le sublime « The Shepherd’s Dog », troisième album sorti en 2007, pour que notre homme enracine son folk lumineux dans les esprits. « Kiss Each Other Clean » poursuit avec élégance son chantier sonore, sans vouloir impressionner à tout prix ni répéter une formule qui a déjà conquis son public. Qu’il soit acoustique ou électrique, le folk de Iron & Wine fraternise avec tout ce qu’il rencontre sur son passage: country, inspirations africaines, reggae, jazz, harmonies sixties… Avec une humilité et une grâce proprement scandaleuses. – G.P.
Le 16/2 à l’AB.

 

 

Iron & Wine
« Kiss Each Other Clean »
4AD/V2
Notre avis: 3 étoiles

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